Tuberculose : Haut risque de contagion au CHU S.O

Alors que la tuberculose est efficacement prise en charge depuis des années par l’Etat dans les centres hospitaliers, force est de constater des anomalies et failles dans la gestion de ces personnes infectées, plus particulièrement au CHU Sylvanus Olympio, augmentant ainsi les risques de contagion.

En semaine, ils sont internés. Aucune possibilité pour eux de sortir et être confondus à la masse. Traités et pris en charge gratuitement par l’Etat jusqu’à leur rétablissement total, les personnes admises au CHU Sylvanus Olympio suite à des examens ayant révélé la tuberculose, sont hébergés dans un bâtiment moderne spécialement aménagé pour leur séjour hospitalier. Selon les cas et à en croire les spécialistes des maladies infectieuses, ils peuvent être gardés sur une période qui varie entre six mois et un an, pour s’assurer qu’ils sont totalement guéris et ne présentent aucun risque pour la société.

Sauf que, dans le plus grand centre hospitalier du Togo, le week-end passe pour une période de la semaine où des tuberculeux se confondent à la masse. En effet, samedi et dimanche, au CHU Sylvanus Olympio, en l’absence du surveillant ou du docteur qui fait leur suivi, l’on peut facilement se rendre compte que des tuberculeux quittent leur bâtiment, souvent sans aucune mesure de protection (cache-nez), pour des parties de promenade, soit dans l’enceinte du CHU Sylvanus Olympio, soit à l’extérieur. D’autres carrément prennent sis sous des arbres. C’est ainsi que des personnes saines en viennent à se retrouver nez à nez avec eux pour des demandes d’indication d’un service, etc., sans véritablement se rendre à l’évidence qu’elles sont en train d’échanger avec des tuberculeux en traitement. Un grand danger pour les populations ! Mêmes dans les couloirs qui mènent vers leur bâtiment, on peut les retrouver assis sur des bancs ou allongés, manipulant leur téléphone, avec ou sans protection. Ce qui ne devrait pas être le cas, vu le niveau élevé de contagion de la maladie. Lorsque les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, elles projettent les germes de la tuberculose dans l’air. Il suffit d’en inhaler seulement quelques-uns pour être infecté.

Ceux qui le savent préfèrent ne saluer personne dans ces couloirs, au risque d’échanger avec un tuberculeux. Des dispositions doivent être prises d’urgence pour contrôler également les week-ends, les sorties des tuberculeux admis au CHU Sylvanus Olympio.

La tuberculose est causée par une bactérie (Mycobacterium tuberculosis) qui touche le plus souvent les poumons. Elle peut être soignée et évitée. La tuberculose se propage d’une personne à l’autre par voie aérienne. Le gouvernement a prévu d’atteindre l’objectif de réduire l’incidence de la tuberculose de 5,8% à 2,3%.

Nicolas EDORH