Togo : Satisfecit du FMI

Fin de la mission d’une équipe du FMI sur la revue de la Facilité Élargie au Crédit (FEC) et de consultation au titre de l’Article IV au Togo. Les conclusions de cette mission ont été présentées à la presse mardi dernier à Lomé, en présence du ministre de l’Économie et des Finances. L’essentiel à retenir, c’est la croissance du PIB qui a atteint 4,9% en 2018 et le respect du critère de convergence de l’UEMOA fixant le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB.

Mission terminée pour l’équipe du FMI dirigée par Ivohasina Razafimahefa. Du 20 mars au 2 avril, cette mission a effectué des consultations au titre de l’Article IV et mené des discussions dans le cadre de la quatrième revue de la Facilité Élargie au Crédit (FEC) approuvée en mai 2017. Après les périodes sombres de 2017 causées par les troubles sociopolitiques, les Togo s’est remis et a réalisé d’importants progrès par rapport à son économie de manière générale. Et le rapport Doing Business, classant le Togo parmi les meilleures performances en est une parfaite illustration, selon la mission.

Selon les conclusions, on note la reprise de l’activité économique, la croissance du PIB qui a atteint un taux de 4,9% en 2018, le respect du critère de convergence de l’UEMOA fixant le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB. La mission note également que les réformes structurelles progressent, principalement dans le domaine de la gestion des finances publiques et de l’environnement des affaires. Également, selon la conclusion, l’objectif des autorités à favoriser une croissance forte et inclusive dans le cadre du Plan National de Développement est louable.

« Il y a une bonne amélioration. Nous avons regardé par exemple le flux des marchandises au niveau du port, ce qui est en amélioration. Nous avons également analysé le secteur de l’exportation, ce qui, à notre avis, a eu la meilleure performance. Ce qui, essentiellement, nous a amené à réviser à la hausse nos projections de croissance. Nous avons également pu voir que la production agricole a eu une bonne amélioration par rapport à l’année dernière. En générale, on peut dire que l’économie togolaise et la production dans son ensemble ont connu une reprise par rapport à 2017 », a laissé entendre Ivohasina Razafimahefa, Chef de la mission. « Après avoir connu une forte décélération en 2017, en raison  des tensions sociopolitiques qu’a connu le pays, la croissance économique s’est accélérée pour atteindre un taux de 4,9% en 2018. L’inflation était de 0,9% à la fin 2018. L’important effort budgétaire amorcé en 2017 s’est poursuivi jusqu’en septembre 2018. Les résultats ont fléchi vers la fin de l’année, car les recettes ont été inférieures aux objectifs en quelques lignes de dépenses ont dépassé les prévisions », a poursuivi M. Razafimahefa.

La mission se réjouit des performances réalisées par le Togo et « salue les efforts entrepris en vue de renforcer d’avantage la gouvernance d’améliorer l’inclusion financière et de favoriser une croissance  inclusive tirée par le secteur privé ». Elle a à cet effet partagé avec les autorités, les résultats et recommandations d’études sur l’efficacité des dépenses sociales, les progrès sur la gouvernance et les expériences sur les réformes des banques publiques. « Les réformes budgétaires structurelles et les autres programmes de réforme progressent. Les autorités ont poursuivi les efforts d’apurement des arriérés pour un montant de 65 milliards FCFA en 2018 ; en outre, elles mettent en œuvre des plans de trésorerie et d’engagement pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés. Elles améliorent la qualité de l’investissement public en exigeant de tous les ministères concernés qu’ils appliquent une priorisation sur la base d’une analyse coûts-bénéfice. Elles améliorent davantage l’environnement des affaires en facilitant les mutations et enregistrements fonciers. La mission salue la volonté des autorités de poursuivre le programme de réformes structurelles, notamment en accélérant le recouvrement des arriérés d’impôts, en renforçant les contrôles fiscaux et douaniers, en instaurant une politique de budget-programme pluriannuel et en apportant un soutien aux PME. Des réformes sont également en cours dans le secteur financier », note la mission.

« Dans le moyen terme, la mission salue la vision et les réformes décrites dans le PND. La mission prévoit un taux de croissance économique annuel avoisinant 5,5%. Avec l’amélioration de l’environnement des affaires et des infrastructures publiques, le secteur privé devrait jouer un rôle important en tant que moteur de la croissance économique. Parmi les risques qui pèsent sur la croissance économique, figurent les contraintes liées à la mise en œuvre des réformes structurelles et un éventuel ralentissement des économies des principaux partenaires commerciaux du Togo. L’inflation et le déficit budgétaire devraient rester dans les limites des critères de convergence de l’UEMOA. La position de la balance commerciale courante devrait rester globalement conforme aux fondamentaux de l’économie et aux orientations de politique économiques. La mission salue les efforts entrepris en vue de renforcer davantage la gouvernance, d’améliorer l’inclusion financière et de favoriser une croissance inclusive tirée par le secteur privé. A cet effet, la mission a partagé avec les autorités, les résultats et recommandations d’études sur l’efficacité des dépenses sociales, les progrès  sur la gouvernance, et les expériences sur les réformes des banques publiques », indique le FMI dans un communiqué de presse.

De son côté, le ministre de l’Economie et des Finances Sani Yaya a profité de l’occasion pour apporter des éclaircissements sur le PND lancé il y a quelques semaines par le chef de l’Etat. Il est revenu sur les trois axes, ainsi que les moyens de financement de ce Plan qui proviendront en partie du secteur privé.

Le gouvernement reste déterminé à mettre en œuvre les réformes dans le cadre de son programme soutenu par la FEC. Selon la mission du FMI,  la plupart des critères de réalisation et des repères structurels à fin décembre 2018 ont été respectés et les autorités sont en train de prendre des mesures pour préserver les objectifs du programme.

Stanislas AZIATO