Pr. David Dosseh : un potentiel candidat ?

Il s’affirme de plus en plus comme un leader de la société civile. Pr. David Dosseh continue d’aguicher l’opinion à la faveur de l’éternel débat sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles et la bonne gouvernance. A pas feutrés, l’ancien président du Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) semble se positionner comme une alternative lors des prochaines échéances électorales. Même si pour l’heure, il n’en est rien officiellement, officieusement, il s’y rapproche, freins en main.

Il est de tous les combats de la société civile. Il s’est véritablement démarqué lors des mouvements de grève du Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) il y a quelques années. Une lutte qui a abouti à la signature d’un accord qui a permis au personnel de santé au Togo de pousser un ouf de soulagement. Humble, posé, bosseur, rigoureux, Pr. David Dosseh a séduit l’opinion à l’époque par son caractère et son doigté.

Depuis, l’homme a pris de l’envergure et suscite autour de lui, respect et admiration. « En 07 ans, nous avons essayé de faire avancer les choses. Je pense qu’on peut dire que le Synphot est aujourd’hui un syndicat reconnu sur le plan national. Nous avons des ambitions sur le plan national et international et surtout pour la population togolaise, parce que cette population ne nous a jamais tourné le dos. A présent, nous ferons tout pour que cette population soit convaincue que le secteur médical veut véritablement œuvrer pour l’amélioration des conditions sanitaires », avait-il dressé comme bilan à la présidence du Synphot.

Après avoir passé le témoin au Pr. Atchi Walla à la tête du Synphot, le médecin chirurgien a affiché son soutien au Collectif « Sauvons le Togo » (CST) en s’affichant dans les rues de Lomé aux côtés des premiers responsables de ce regroupement composé d’organisations de la société civile et de partis politiques. Malgré l’échec de la lutte à l’époque, il a gardé le cap : « se battre pour la bonne gouvernance et la démocratie au Togo ».

Convaincu de son engagement, il finira par décliner l’offre de nomination, le 12 février 2013, au poste de Directeur Général du CHU Sylvanus Olympio, le plus grand centre hospitalier du Togo. Dans une correspondance adressée en ce temps au ministre de la Santé, Charles Kondi Agba, il a précisé ne pas disposer du background nécessaire pour une telle mission. Il avait relevé son manque d’expérience en matière de gestion d’une si importante structure qu’est le CHU Sylvanus Olympio. Pour une partie de l’opinion, le lien est très vite fait. « Le Professeur ne veut pas se compromettre. Il sait ce qu’il fait. Il sait où il va », analyseront certains. « Il a refusé la patate chaude. C’est un piège. Cet homme a vraiment du caractère. Il a décliné l’offre en toute responsabilité. Il a peut-être des ambitions », diront d’autres.

« Ambitions ? ». Le mot est lâché. Sauf que nul ne sait si Pr. David Dosseh a une fois rêvé de briguer la magistrature suprême, se faire élire député ou conseiller municipal, ou s’il voudrait tout simplement lutter pour la bonne gouvernance ou la consolidation de l’Etat de droit dans son pays. Mais depuis quelques temps, des analystes prêtent à l’homme, des velléités électorales.

Numéro II de l’association « Veille Economique » qui se positionne sur des questions financières, économiques et de bonne gouvernance, président des Universités Sociales du Togo organisées les 12 et 13 octobre 2016 par une trentaine d’organisations de la société civile pour échanger sur les maux qui minent le pays, et également les grands défis – des assises qui ont suscité de l’engouement et redonné un nouveau souffle à la société civile togolaise selon les organisateurs, Pr. David Dosseh fait actuellement parler de lui avec le front citoyen « Togo Debout ». Très actif dans la situation sociopolitique togolaise, ce mouvement de la société civile ne cesse de tirer la sonnette d’alarme et de faire des propositions à même de sortir de la crise actuelle. Ici encore, Pr. David Dosseh se distingue et marque davantage le terrain. « Mine de rien, il est presque partout au niveau de la société civile. Il multiplie les initiatives. Il se prononce promptement sur des questions sociopolitiques. Mine de rien, il avance. Son nom revient souvent dans l’actualité », commente un observateur. « Je pense qu’il faut compter avec lui pour les prochaines échéances électorales. Il ne faut pas perdre de vue ce détail : il a été fait Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques Françaises. Il peut être une alternative. Surtout qu’au niveau de l’opposition, personne n’émerge véritablement. Les Togolais semblent avoir tout essayé déjà. Ils s’attendent à quelqu’un de neuf. Et David Dosseh pourrait bien jouer sur ce terrain », ajoute-t-il.

Sa position sur le dialogue du 15 février

Pour le dialogue politique qui s’ouvre ce 15 février, Pr. David Dosseh se veut optimiste. « Nous pensons que quelles que soient les difficultés qui peuvent entourer ce dialogue, il est important de donner à ce dialogue, toute sa chance, parce que c’est une solution pour une sortie de crise de façon pacifique. Par rapport à cela, nous invitons vraiment l’ensemble de la nation togolaise à la mobilisation, mais également les acteurs politiques, même la médiation à tout mettre en œuvre pour que ce dialogue aboutisse et réponde véritablement aux réelles aspirations du peuple togolais. », a-t-il déclaré. « En termes d’annonces, nous allons adresser un document officiel à tous les acteurs qui participeront à ce dialogue, afin que les éléments essentiels qui ont été exprimés par le peuple togolais depuis plusieurs mois soient véritablement pris en compte et figurent dans le document final qui sera signé. Il s’agit bien sûr du retour à la constitution de 1992, de la mise en place d’un gouvernement de transition qui permette de mettre en place tous les éléments contenus dans ce qu’on appelle les réformes constitutionnelles et institutionnelles, puisque c’est ça qui va nous ouvrir véritablement sur une ère démocratique pour le pays. Nous allons également insister dans ce document pour que des mesures d’apaisement soient prises et que tous les prisonniers soient libérés, parce que si nous voulons aller à ce dialogue avec un esprit totalement apaisé, avec la forte conviction que les discussions seront menées dans une atmosphère sereine, il est important que des gens qui sont abusivement détenus depuis des mois, des semaines et des années, soient libérés. Enfin, qu’on puisse proposer au peuple togolais le schéma d’alternance que tout le monde attend, puisque nous sommes dans un espace communautaire avec 15 pays et quatorze d’entre eux ont déjà connu cette alternance. Il est impensable que le Togo ne rejoigne pas les autres pays et que l’alternance ne soit pas effective au Togo », soutient-il.

En attendant sa candidature ou non à une échéance électorale, Pr. David Dosseh avance…lentement, mais sûrement.

Elom ATTISSOGBE