Paradoxe du financement agricole en Afrique de l’ouest : Cas du Togo

De 100 millions d’habitants en 1900, la population de l’Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,2 milliards en 2016. Selon les projections démographiques, en 2050, la population se situera entre 2 et 3 milliards puis 4,4 milliards en 2100. Elle représenterait 39% de la population mondiale (FAO, FIDA, PAM, UNICEF et OMS, l’Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2018, septembre 2018). Selon le rapport 2018 de l’ONU sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, 821 millions de personnes souffrent de la faim et plus de 150 millions d’enfants accusent des retards de croissance. Le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde a augmenté de 17 millions sur la période 2016-2017. L’Afrique est la région du monde où la population sous-alimentée est la plus élevée (20.4%- jusqu’à 31,4% en Afrique de l’Est) alors qu’elle possède 60% des terres arabes non exploitées du monde (une exploitation qui peut permettre à l’Afrique de nourrir presque toute la planète du moins les trois quarts).

Au Togo, en 1960, la population était de 1,4 million ; en 1981, elle est de 2,7 millions d’habitants et de 6,2 millions en 2010. Le nombre d’habitants est passé de 6,8 millions en 2015 à 7,6 millions en 2020 pour atteindre presque 10 millions en 2031. Soit un taux d’accroissement annuel moyen de 2,3% entre 2010 et 2031.

De sérieux problèmes sociaux se poseront notamment l’alimentation, et il faut investir dans l’agriculture pour nourrir la population sans cesse grandissante, financer l’agriculture afin d’exploiter les terres encore disponible (seulement 40% des terres agricoles sont exploitées avec des rendements faibles). Rappelons que le secteur primaire dominé par l’agriculture, la pêche et l’élevage, a contribué en moyenne au cours des 12 dernières années (2008-2019) à la formation du PIB à hauteur de 26,83%.

Le secteur secondaire dominé par les activités industrielles, participe à 18,33% à la création de la richesse et le secteur tertiaire maitrisé par le commerce a participé au PIB de 40,98%.

En Afrique de l’Ouest, par exemple, 76% des emplois concernent l’agriculture et sa part dans le PIB est en moyenne de 26% (INSEED, Cartographie de la pauvreté au Togo, juin 2018). Au Togo, la part de l’agriculture dans le PIB national à prix courant en 2018 est de 31%. Elle occupe une part importante de 70% de la population active et constitue la source principale de revenus pour 97% des ménages ruraux et donc un levier important de lutte contre la pauvreté – 73% (INSEED, Cartographie de la pauvreté au Togo, juin 2018) des pauvres étant en milieu rural.

Malgré le fait que le secteur primaire et donc l’agriculture reçoive moins de financement bancaire (0,3% des crédits accordés aux secteurs), sa part à la création de richesse reste significative et plus élevée que celle du secteur secondaire qui reçoit plus de 33% du financement bancaire.

Si le financement de l’agriculture atteint même les 1% du crédit accordé à l’économie réelle, par extrapolation, cela correspondrait à 89,43% comme part au PIB. Cette participation sera nettement supérieure à celle du secteur tertiaire qui malgré ses 62% du financement n’engendre qu’une part de 40,98% au PIB. Bien que l’agriculture soit un secteur à fort potentiel économique et de croissance, elle demeure le secteur qui obtient le moins de concours bancaire. En effet, plusieurs obstacles entravent le financement du secteur agricole malgré la performance et la nécessité de ce dernier. Les défis liés au développement de l’agriculture notamment la mécanisation (taux de mécanisation très faible -0,01 cv à l’hectare), la maitrise de l’eau (agriculture toujours pluviale c’est-à-dire pas de pluie pas de culture), l’innovation technologique (faible rendement des cultures variant entre 1 et 2 tonnes/ha pour les céréales, 0,5 et 1tonne/ha pour les légumineuses et autour de 10 tonnes/ha pour les tubercules), constituent des risques évalués élevés par les banques commerciales.

Pourtant ses obstacles et défis peuvent être considérés comme des opportunités d’affaires à saisir par les Opérateurs Economiques. Le secteur privé peut par exemple se faire de chiffres d’affaires en :

  • investissant dans la mécanisation : fournir selon la clientèle des matériels et équipements agricoles adaptés, un service de location et de réparation des matériels, etc.
  • développant des services d’irrigation et proposer des solutions innovantes de maîtrise d’eau et de gestion optimale du calendrier cultural.

Le détail des opportunités d’affaires à saisir par les Opérateurs économiques se trouve dans le document de recherche de KAPI Consult « Paradoxe du financement agricole en Afrique de l’Ouest : Cas du Togo ». Ce document montre la nécessité de financer l’agriculture pour se développer, fait l’analyse du financement du secteur réel, évoque les risques et obstacles liés au financement agricole tout en prenant le soin d’indiquer toutes les opportunités d’affaires qui s’y trouvent, et aborde les efforts faits par le gouvernement. Des recommandations sont également faites à l’endroit des producteurs agricoles, micro et petites entreprises agricoles (MPER), des banques, IMF et compagnies d’assurances, et à l’endroit de l’Etat.

Les informations pour avoir le document peuvent être obtenues en contactant le numéro (+228) 93 17 01 01 ou en envoyant un mail à l’adresse électronique info@kapiconsult.com ou en allant sur notre site www.kapiconsult.com.