Opération démolition à Baguida et Avédzi

La délégation spéciale des préfectures du Golfe et d’Agoè-Nyivé continue son opération de désengorgement des rues et lieux publics de la ville de Lomé et ses environs. Les 21 et 22 mars 2019, de nouvelles voies et réserves administratives ont été vidées de toutes occupations illégales dans le canton de Baguida et d’Avedzi.

La vision de la délégation spéciale, en menant ces opérations, est de voir la ville de Lomé et ses périphéries dressées selon le schéma directeur tracé par l’Urbanisme. « Que les rues ne regorgent plus l’implantation des maisons illégalement construites, que les rues et les espaces publics soient libérés des boutiques, magasins et ateliers anarchiquement installés sans aucune norme, que la capitale togolaise présente un visage digne de ce nom, comme cela est le cas dans d’autres capitales africaines ». C’est le résultat attendu par la délégation spéciale qui reste intraitable, quand il décide finalement de libérer un endroit illégalement occupé après moult avertissements.

Kossi Aboka retourne à Baguida

Le 21 mars dernier, à Baguida, l’opération a débuté avec la démolition de la maison du féticheur Togbui Aklobessi II. Il s’agit d’une maison construite sur la route, divisant cette localité en deux, et privant les habitants de l’un ou de l’autre côté d’avoir accès à l’autre bord. Cette maison du féticheur, selon les informations, a été démolie deux fois déjà. Mais son propriétaire est souvent revenu à la charge. Pour cette troisième fois, le bulldozer n’a pas laissé de chance à la maison de Togbui Aklobessi II. Tout a été rasé.

L’équipe a également dégagé les hangars et autres kiosques installés sur le domaine de l’ancien marché de Baguida avec l’exigence faite aux revendeuses d’aller occuper les places dans le nouveau marché mis à leur disposition par l’État, aux fins de libérer la voie qui relie le quartier Baguida – Centre à celui de Dévégo. Un habitat installé dans l’enceinte de l’école primaire Baguida III, ainsi qu’une bâtisse à la plage ont été aussi dégagés.

« Baguida, vu de l’extérieur, tout au long du boulevard du Mono, est comme un canton bien urbanisé. Mais vu de l’intérieur, cette localité n’a pas de forme juridique. Les gens ont occupé toutes les rues. Ils ont morcelé les bas-fonds, et même les écoles. C’est pourquoi très souvent, dans ce canton, on recense des cas d’inondations. Pour cette raison, certaines personnes sont venues nous demander de l’aide pour dégager ces maisons érigées sur les voies et espaces publics », a déclaré Kossi Aboka, président de la délégation spéciale des préfectures du Golfe et d’Agoè-Nyivé.

Il a exhorté la population au respect des normes pour ne pas occuper illégalement les rues et les lieux publics. Les prochaines localités à visiter dans le cadre de cette opération d’assainissement sont les localités d’Agbavi, Avépozo, Kpogan, Agodékè.

Avédzi prend le relais

Au lendemain de l’opération de Baguida, c’est à  Avédji Téléssou  que la délégation spéciale du Golfe et d’Agoè-Nyivé a posé son arsenal de travail. L’objectif reste le même. Au moins trois maisons ont été réduites en décombres dans ce canton. « C’est des endroits qui sont destinés aux infrastructures socio-collectives que les gens occupent illégalement. Depuis 2017, nous avons travaillé en invitant tous les occupants pour qu’ils présentent leurs documents. Lors des rencontres, il s’est avéré que les endroits qu’ils occupent sont des réserves et des rues de l’Etat. Une chose que nous leur avions accordée. Mais les délais ont expiré depuis l’année passée. Et aujourd’hui, nous sommes sur le terrain pour dégager les constructions », a laissé entendre Yawovi Sédina Dzanyi, chef division technique de la préfecture du Golfe.

L’une des maisons cassées se situe sur une réserve de l’Etat, à côté du centre artisanal d’Avédzi-Téléssou. Les lamentations des occupants n’ont pas empêché la démolition de cette maison qu’ils occupent depuis des lustres. « Nous sommes ici dans le centre artisanal d’Avédzi-Téléssou. Un centre qui appartient au ministère du Développement à la base. C’est une réserve. Vous constaterez qu’on est même en train de faire la clôture, mais s’est à cause de ce bâtiment que la clôture s’est arrêtée. Voilà pourquoi le préfet du Golfe et le président de la délégation spéciale de la préfecture du Golfe ont décidé finalement de libérer les lieux », a expliqué M. Dzanyi.

La délégation spéciale de la préfecture du Golfe compte poursuivre l’opération dans les prochaines semaines, jusqu’à l’atteinte de ses objectifs.

Stanislas AZIATO