L’hôtel Belle Vue dans la tourmente

L’hôtel Belle Vue est dans une mauvaise passe. Très prisé, cet hôtel situé derrière l’Ambassade d’Allemagne à Lomé, connaît d’énormes difficultés depuis que la gestion a changé de main. Avec l’administrateur Ahmed Maman Koumoï aux commandes, les employés n’en peuvent plus. Arriérés de salaire, conditions de travail pénibles, le personnel, excédé, a organisé un sit-in mardi dernier devant l’hôtel.

L’esplanade de l’hôtel Belle Vue a été le théâtre d’une manifestation le 03 juillet dernier. « Nous réclamons nos arriérés de salaire de plus de six mois ». « Nous sommes devenus des malades, car nous n’arrivons pas à nous soigner ». « Nos enfants sont renvoyés des écoles pour non-paiement d’écolage ». « Nous sommes expulsés des chambres louées, pour non-paiement de loyer ». « Nous vivons des situations exécrables ». Ce sont des cris d’orfraie des employés désespérés et inconsolables que nous avons rencontrés mardi devant l’hôtel. Depuis le 29 janvier 2018, la gestion de l’hôtel Belle Vue a été confiée à Maman Ahmed Koumoï par la justice togolaise. Nommé à l’administration de cet hôtel en tourmente, l’intéressé est accusé de faire les choses à tort et à travers, sans se soucier du passif de la structure. Salaires divisés en deux, ou trois, même non payés pour certains, absence de dialogue avec le personnel pour trouver  des solutions idoines pour la relance de l’hôtel, refus catégorique de répondre aux convocations du président du Tribunal sont, entre autres, manquements du nouvel administrateur à l’endroit du personnel.

Les employés affirment être ouverts à des discussions franches et sincères pour trouver des solutions idoines. A défaut, ils proposent une procédure judiciaire qui consistera à liquider l’hôtel, afin qu’ils rentrent dans leurs droits.

Selon eux, malgré cette situation désastreuse, M. Maman Ahmed Koumoï recrute de nouveaux employés. « C’est incompréhensible. C’est lamentable. Si M. Ahmed Maman Koumonyi reste toujours sourd à nos revendications, nous demandons la liquidation pure et simple de l’Hôtel Belle Vue, afin que le passif et l’actif soient soldés pour le bien de nous tous. Ou bien, qu’il plie bagage. Nous souffrons énormément. Et cela doit prendre fin », a affirmé Delphine Amevor porte-parole des employés grévistes.

L’hôtel Belle Vue appartient aux Français Bernard Vignaud (actionnaire majoritaire) et Christian Schoeser. Une mésentente entre ces deux actionnaires aurait sonné la fin de celle belle aventure de quatorze années.

Isidore AYEKO