L’essentiel de la 6ème mission de revue du FMI au Togo

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Ivohasina Fizara Razafimahefa a séjourné à Lomé du 4 au 17 décembre en vue de tenir des discussions dans le cadre de la sixième et dernière revue du programme soutenu par une Facilité élargie du crédit (FEC). Les conclusions de cette mission ont été présentées à la presse mardi.

Le FMI note que la reprise économique se raffermit et la croissance économique au Togo devrait s’accélérer  de 4,9% en 2018 à 5,3% en 2019 et à 5,5% en 2020, essentiellement sous l’effet de la demande intérieure, tandis que certains secteurs d’exportation montrent de légers signes de faiblesse. La mission précise que les autorités togolaises ont réalisé une réduction significative du déficit budgétaire et de la dette publique, ainsi que des réformes structurelles importantes.

« Les crédits au secteur privé ont augmenté de 3,6% (en glissement annuel) et l’inflation s’est établie à 0,4% (en glissement annuel) à fin septembre 2019. L’assainissement budgétaire entamé en 2017 reste soutenu, le déficit budgétaire global étant estimé à 2,2% du PIB à fin septembre 2019. Le recouvrement des recettes a été conforme aux prévisions, le niveau élevé des recettes douanières ayant compensé les faiblesses constatées dans le recouvrement des impôts. Les dépenses globales ont été inférieures aux prévisions. La dette publique totale, qui s’élevait à 81% du PIB à la fin de 2016, est en baisse et devrait tomber à 70% du PIB à la fin de 2019. Il serait essentiel de préserver dans l’assainissement budgétaire pour réduire davantage les vulnérabilités liées à la dette », déclare Ivohasina Fizara Razafimahefa.

« Les autorités togolaises ont mis en œuvre des réformes structurelles vigoureuses. Plusieurs mesures liées à l’administration des recettes ont été mises en œuvre, notamment la création et l’harmonisation des numéros d’identification fiscale, l’instauration de téléprocédures dans le but de réduire les coûts de mise en conformité, les retenues à la source et les cautionnements provisoires pour garantir le recouvrement des recettes, les contrôles internes pour lutter contre la corruption et la réduction des exonérations fiscales. Des mesures importantes sont en train d’être prises pour promouvoir le consentement volontaire au paiement de l’impôt. Toutes les procédures de dédouanement seront progressivement automatisées afin de réduire les possibilités de pertes de recettes et améliorer les services rendus aux opérateurs du secteur privé. L’évaluation et la sélection des projets d’investissement public sont devenues plus rigoureuses ; tous les nouveaux projets doivent faire l’objet d’une analyse coûts-bénéfices avant de pouvoir être inscrits au programme d’investissement public. Il est prévu de basculer vers un budget programme à partir de 2021. La continuation de la mise en œuvre de ces réformes améliorera l’efficacité des dépenses publiques », analyse le chef de la mission de revue du FMI au Togo.

Selon la mission, les réformes du secteur financier progressent et les discussions continuent. Un avis de préqualification a été annoncée en vue de la privatisation des deux banques publiques dans la presse financière internationale. Le processus de préqualification est en cours. « Il est essentiel de parachever les réformes de ces deux banques publiques pour préserver la stabilité du secteur financier et réduire au minimum les risques pour le budget de l’Etat. Les créances en souffrance dans le secteur bancaire restent élevées et la priorité sera accordée au renforcement des cadres juridique et institutionnel pour le recouvrement des créances », affirme Ivohasina Fizara Razafimahefa.

L’équipe du FMI s’est enfin félicitée des progrès du Togo dans l’amélioration de l’environnement des affaires.

Selon le ministre de l’Economie et des Finances, la mission s’est déroulée dans de bonnes conditions, avec un bon esprit d’ouverture.

Poursuivant son développement, le ministre Sani Yaya a indiqué que c’est un partenariat qui s’est fait dans la confiance, dans l’objectivité, dans un esprit d’ouverture, mais dans la rigueur la plus absolue. Il a tenu a remercié le FMI et se réjouit du soutien de cette institution, ce qui a permis de ramener la dette sous la barre de 70%, en deçà de la norme dans l’UEMOA.

Béatrice AGBODJINOU