Les conclusions de la mission de revue du FMI

Une équipe du FMI dirigée par Ivohasina Fizara Razafimahefa a séjourné dans la capitale togolaise du 28 août au 10 septembre 2019 en vue de mener des discussions avec les autorités nationales dans le cadre de la cinquième revue du programme soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC). L’équipe de mission a donné une conférence de presse mardi pour livrer les conclusions de sa mission.

Trois grands points ont marqué cette conférence de presse : la situation du pays sur le plan macroéconomique, les performances du Togo et les perspectives avec le FMI.

Au terme de cette visite, l’équipe de la mission du FMI note que des progrès satisfaisants ont été relevés au cours des discussions et se poursuivront dans les jours à venir. « La reprise économique se poursuit. Les projections situent le taux de croissance du PIB à 5,3% en 2019. L’inflation était de 0,6% en juillet 2019. L’assainissement budgétaire s’est poursuivi à fin juin 2019. Les réformes de l’administration des recettes et de la gestion des dépenses publiques engagées ces dernières années progressent. Les autorités sont déterminées à remédier aux faiblesses du secteur financier. Les politiques actuelles du gouvernement s’alignent sur celles de l’UEMOA, notamment à travers le respect des critères de convergence », déclare le chef de mission du FMI au Togo. « L’important effort budgétaire amorcé en 2017 s’est poursuivi à fin juin 2019. Le recouvrement des recettes a atteint l’objectif visé en juin et les dépenses globales ont été inférieures aux prévisions. Si les politiques actuelles sont maintenues au second semestre, le Togo respectera pour la troisième année consécutive, le critère de convergence relatif au déficit budgétaire de 3% du PIB fixé par l’UEMOA. Pour la fin 2019, nous prévoyons un déficit budgétaire de l’ordre de 2,9% », ajoute-t-il.

Selon la mission, le cadrage budgétaire pour 2020 vise un déficit budgétaire global légèrement inférieur à 2% du PIB. « Les efforts d’assainissement budgétaire ont permis de réduire la dette publique ; la poursuite de ces efforts contribuera à réduire les facteurs de vulnérabilité liés à la dette. Les réformes structures budgétaires progressent. Les réformes de la politique fiscale et de l’administration des recettes visent à renforcer les recettes permanentes ; les autorités sont déterminées à mettre en œuvre des mesures fondées sur les recommandations issues d’un diagnostic de l’administration des recettes effectué récemment. L’OTR se propose de renforcer le cadre de conformité volontaire ; la dématérialisation des procédures douanières sera accélérée ; les déclarations et les paiements en ligne seront facilités ; et les services aux contribuables seront améliorés. Du côté des dépenses, il sera mis en œuvre les principales mesures découlant de la revue des dépenses achevée récemment ; des dispositions seront prises pour remplir les conditions préalables pour une transition harmonieuse vers l’instauration du budget-programme et élargir le champ du compte unique du Trésor », indique la mission du FMI au Togo.

Malgré quelques retards, la mission se félicite de l’engagement du gouvernement à poursuivre la privatisation des deux banques publiques. Prévue pour fin août, le processus d’appel d’offres de cette privatisation est reporté pour être enclenché au plus grand tard le 20 septembre. « Le succès de cette privatisation permettra de préserver la stabilité du secteur financier et de réduire les risques pour le budget de l’Etat. Le gouvernement entend prendre des mesures pour lutter contre le taux élevé de créances en souffrance, suivre de près les principaux indicateurs de solidité financière et prendre les mesures nécessaires, le cas échéant », informe Ivohasina Fizara Razafimahefa.

La mission s’est également félicitée des progrès accomplis récemment par le Togo dans l’amélioration du climat des affaires, relevant que la poursuite des efforts dans ce domaine sera essentielle pour atteindre les objectifs du Plan national de développement et contribuera à promouvoir une croissance économique inclusive. Les prévisions de croissance sont estimées à 5,5% en 2020.

Elom ATTISSOGBE