La maladie mentale et les chaînes

Le 10 octobre de chaque année est célébrée la Journée mondiale de la santé mentale, afin de mieux faire connaître les questions de santé mentale et surtout de susciter l’intérêt des populations sur cette thématique qui ne concerne pas qu’une catégorie de personnes mais toute la population. C’est dans  cette optique que l’ONG HFA (Hands From Above) en collaboration avec l’UJPOD (Union des Jeunes Pour le Développement) a organisé une table ronde jeudi dernier à Lomé.

Axée sur le thème « les chaînes, une option contre la maladie mentale ? », cette table-ronde avait pour sous-thèmes la « prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux dans les centres de prière et expérience avec les chaînes » et la « prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux par la médecine traditionnelle et expérience des chaines ». C’était l’occasion pour les  différents acteurs de plancher sur les mesures à adopter pour une meilleure prise en charge des malades mentaux.

En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles mentaux et ceux liés à l’abus des de substances psychoactives sont la principale cause d’incapacité au niveau mondial. Les chaînes sont donc très souvent une option en ce qui concerne les personnes souffrant de troubles mentaux, que ce soit dans les lieux de cultes ou dans les maisons. Mais est-ce la seule option ?

Pour Peace Vera Eyi Ahadzi,  présidente  de l’ONG  HFA, la réflexion doit être mûrie, dans un cadre de concertation. « Nous avons décidé de porter des discussions sur les chaînes qui sont utilisées dans les centres de prières, les couvents et dans les maisons, parce qu’on dit souvent que ces malades sont violents. Alors qu’en voulant répondre à cette violence-là, nous sommes en train d’abuser de leurs droits au même moment. Comment arrêter cette chaîne-là ? Comment les traiter ? Parce que n’oublions pas, c’est une maladie. Comment traiter les malades tout en arrêtant les chaînes ? Nous avons compris que c’est le travail d’une collaboration. C’est pour cela nous avons organisé cette table ronde là, avec tous les acteurs qui interviennent dans la prise en charge, afin qu’ils puissent discuter et voir comment ils peuvent travailler ensemble pour arrêter les chaînes et mieux traiter les personnes souffrant de troubles mentaux au Togo », affirme-t-elle. 

Les chaînes ne résolvent pas le problème. Pour la première responsable de l’ONG HFA, les acteurs de la psychiatrie ont trouvé la solution et les autres acteurs doivent s’en imprégner et collaborer avec eux. « Créer cette collaboration afin que les acteurs de la psychiatrie, notamment les psychiatres puissent intervenir dans ces centres de prières, parce que eux, ils ont trouvé le remède contre les chaines. Par exemple, on n’enchaîne personne à Zébé, on n’enchaîne personne dans les centres psychiatriques. Vu qu’ils ont trouvé le remède, pourquoi ne pas collaborer avec les autres acteurs pour que dans ces centres également le respect des droits humains puisse être de mise », a-t-elle conclu.

Isidore AYEKO