La liste des produits dangereux s’allonge

Le géant des produits laitiers a annoncé le retrait de lots des marques Picot, Milumel et Taranis qui présentent des risques de contamination à la salmonelle. Lactalis retire 720 lots de lait infantile supplémentaires sur le marché. L’information est donnée par l’Agence France Presse.

C’est une affaire qui fait grand bruit. Des produits laitiers infantiles contaminés circulent sur le marché. Au Togo, le ministère de la Santé a alerté les populations dans un communiqué officiel et a demandé le rappel de ces produits sur le marché.

Les produits laitiers Milumel, Picot destinés aux enfants sont contaminés à la salmonelle. Le groupe Lactalis a annoncé jeudi le retrait, en France et à l’étranger, de 720 lots supplémentaires de lait infantile et autres produits pour risque de contamination à la salmonelle, qui s’ajoutent à 625 lots déjà retirés ces deux dernières semaines. « La décision a été prise d’étendre le retrait-rappel à l’ensemble des produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans notre site de Craon [Mayenne] depuis le 15 février 2017 », a indiqué Lactalis dans un communiqué. Le retrait concerne les « produits à marques Picot [poudres et céréales infantiles], Milumel [poudres et céréales infantiles] et Taranis [mélange d’acides aminés en poudre destinés au traitement de pathologies] », selon Lactalis. « Nous savons désormais qu’une contamination dispersée s’est installée dans notre usine de Craon à la suite des travaux réalisés courant 1er semestre 2017 », a indiqué l’entreprise. L’opération concerne la France et l’international.

Le père d’une petite fille de 3 mois qui a consommé un des laits concernés et l’association UFC-Que choisir ont annoncé lundi des dépôts de plainte contre Lactalis dans le cadre de cette affaire. « Saisie par des consommateurs inquiets, l’UFC-Que choisir va déposer plainte pour tromperie auprès du procureur de la République de Paris à l’encontre de la société Lactalis afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant la contamination de laits infantiles à la salmonelle et l’absence de détection de cette contamination », avait indiqué l’association dans un bref communiqué publié le 18 décembre. « La DGCCRF [répression des fraudes] est déjà en train de suivre le dossier. C’est plus pour marquer l’intérêt des consommateurs », a déclaré à l’Agence France-Presse Nicolas Godfroy, responsable juridique de l’UFC-Que choisir. L’association souhaite ainsi savoir « vraiment précisément ce qui s’est passé et ce qui a dysfonctionné ».

« Un énorme manque à gagner »

Le volume des produits concernés par le rappel se chiffre en milliers de tonnes. Mais le groupe Lactalis, réputé pour sa discrétion – il ne publie pas ses comptes –, ne veut donner aucun chiffre. « C’est énorme », a simplement déclaré à l’Agence France-Presse le directeur de la communication du groupe, Michel Nallet, tout en concédant qu’une partie des produits concernés par le rappel avait déjà été consommée. La production de l’usine a été arrêtée vendredi 8 décembre pour un grand nettoyage des installations. Lundi, l’agence Santé publique France avait indiqué avoir identifié 23 nourrissons ayant consommé des laits élaborés sur le site de Craon et présentant une salmonellose. Une douzaine d’entre eux ont été hospitalisés, mais sont ressortis de l’hôpital et « vont bien », avait-elle précisé.

Avec ce retrait, Lactalis a appliqué « le principe de précaution maximum », a déclaré Jehan Moreau, le directeur de la Fédération nationale de l’industrie laitière qui représente tous les industriels du secteur. « Les laits infantiles sont des produits très sensibles et il ne faut prendre aucun risque. Mais c’est une décision terrible pour eux, car ce sera un énorme manque à gagner », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse. Les salmonelloses sont des intoxications alimentaires allant de la gastroentérite bénigne à des infections plus graves. Elles sont potentiellement plus dangereuses pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou affaiblies. Le ministère de la Santé a demandé aux parents, « dans la mesure du possible, de ne pas […] utiliser » les produits concernés, essentiellement vendus sous les marques Milumel et Picot, mais aussi Carrefour.

Au pire, les pédiatres recommandent de faire bouillir le lait pendant deux minutes. Les produits rappelés concernent une large gamme de laits premier et deuxième âge, lait-relais, poudres, avec ou sans lactose, à base de protéines de riz… Certains sont disponibles uniquement en pharmacie. Y figurent également des produits à destination de l’Algérie, du Bangladesh, de la Chine, du Soudan, de la Géorgie, du Liban ou du Royaume-Uni. Lactalis a mis en place un numéro vert 0 800 120 120 pour informer les consommateurs, disponible 24 heures sur 24. « Nous tenons à présenter nos plus sincères excuses aux consommateurs concernés. Nous mesurons l’ampleur de la situation et comprenons l’inquiétude et les perturbations importantes qu’elle génère », a déclaré le groupe dans un communiqué.