Kparatao : Les explications du ministre Yark

La coalition des 14 partis de l’opposition a annoncé une reprise des manifestations la semaine prochaine. En conférence de presse hier, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Col.Yark Damehame, a donné des explications sur les motivations de ces manifestations, et a affirmé qu’elles seront encadrées dans le respect de la loi.

Dans son introduction, le ministre Yark a indiqué avoir reçu un courrier de la coalition de l’opposition annonçant une série de manifestations à partir du 13 mars sur toute l’étendue du territoire national. « Cette lettre comportait une seule signature. Or, la loi a prévu trois signatures. Ils l’ont rectifié et sont passés eusuite au dépôt », a déclaré le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile. « Mais ce qui nous a surpris, le premier motif, c’est la poursuite des auteurs de violence de Kparatao dans la nuit du 24 au 25 février, en violation des mesures d’apaisement. Moi, je ne sais pas ce qu’il s’est passé à Kparatao. Qui sont les victimes ? Je leur ai demandé de me faire une liste des victimes de ces violences. Je n’ai rien eu », affirme le ministre Yark.

« Dans la nuit du 24 au 25 février, il n’y a rien eu à Kparatao. Et comme vous le savez si bien, les réseaux sociaux sont devenus un jouet pour tout le monde. Un jeune de la localité s’est amusé en publiant de fausses informations sur les réseaux sociaux concernant le passage à tabac des populations à Kparatao. Le jeune a été identifié et a été conduit chez le chef canton, lui et son papa », rapporte le ministre Yark Damehame. « Le motif essentiel de cette rencontre, c’est qu’il n’y a rien eu à Kparatao », a-t-il ajouté.

Sur le cas des villes assiégées dont parle l’opposition, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile précise qu’il n’en est rien. « Ceux qui sont dans ces villes de l’intérieur ne se plaignent pas. Si vous voyez quelqu’un se plaindre, c’est que cette personne est un activiste », poursuit-il.

Si les manifestations de la coalition sont autorisées à Lomé, celles de l’intérieur par contre, sont adossées à des engagements de l’opposition. « Vous savez qu’il y a des armes dans la nature. Des armes que nous ne retrouvons pas encore depuis les manifestations de l’année dernière. A Sokodé, ce que je sais, c’est que nos armes sont dans la nature. Tant que ces armes ne rentrent pas à la maison, je ne prends pas de risque », a martelé le ministre Yark. « J’ai dit à l’opposition : écrivez noir sur blanc que nous prenons l’engagement ou que nous allons marcher à nos risques et périls. Comme ça, s’il y a pépin à Sokodé, je brandis ça », a-t-il dit. « Sokodé, Bafilo Mango, c’est le même topo », a-t-il laissé entendre. « Devant le facilitateur, nous avons tous convenu de ne plus faire de manifestations. Mais des gens sont en train d’aller à l’encontre de ces mesures », a rappelé le ministre Yark.

Le ministre de la Communication, Guy Madjé Lorenzo, également présent à cette conférence de presse, a demandé aux médias de rapporter seulement les faits et de respecter l’éthique et la déontologie qui régissent leur métier. « Ce qui se passe avec les réseaux sociaux est déplorable. Si ça capote, ça capote pour nous tous. Œuvrons tous à la paix. Vous faites déjà un excellent travail. Continuez comme cela. Ne jetons pas de l’huile sur le feu. On ne vous demande que de rapporter les faits. Ce n’est que du bon sens », a-t-il déclaré à l’endroit des médias.

Elom ATTISSOGBE