José Symenouh : « L’APAC-TOGO, ma présidence, les défis et moi… »

Le 31 octobre, José Kwasi Symenouh a été élu président de l’Association Professionnelle des Assureurs Conseils (APAC-TOGO), après plusieurs années à la tête de NISA TOGO, une société d’assurances. Au cours d’une interview, le nouveau président de l’APAC nous parle de sa nouvelle mission et des défis à relever. Il en profite pour expliquer le rôle d’un assureur conseil avant d’appeler les consommateurs d’assurances à la vigilance.

Vous avez été élu récemment président de l’Association Professionnelle des Assureurs Conseils du Togo (APAC-TOGO). Pouvez-vous nous présenter cette Association ?

Merci de l’opportunité que vous m’offrez de parler de l’APAC-TOGO. Elle me permet de donner une réponse en deux temps. D’abord, parler de l’activité de l’Assureur-Conseil, avant de parler de l’association elle-même.

L’Assureur-Conseil, ce n’est pas l’assureur traditionnel. Ce n’est pas une compagnie d’assurance non plus. C’est un professionnel des assurances qui maitrise tous les contours de l’activité et de la pratique des assurances, et qui est agréé par l’Etat, pour aider les assurés et les consommateurs d’assurances. Il intervient dans le processus suivant :

  • Avant la souscription des contrats : après une analyse des risques du client et une étude des offres des compagnies d’assurance, l’Assureur-Conseil oriente le client vers la compagnie d’assurance qui présente les meilleurs avantages en faisant le rapport garantie – prime.
  • Pendant la vie du contrat : il suit le contrat et demande les réadaptations nécessaires si besoin, en fonction de la survenance de nouveaux risques, de la diminution ou de l’augmentation des capitaux, objet du risque. Bref, il aide l’assuré à ce que son contrat soit bien tenu, de manière à éviter le refus de l’assureur à régler le sinistre en cas de dommage.
  • A la réalisation du sinistre : assister le client pour avoir une indemnité juste et rapide.

Pour revenir à l’association elle-même, l’APAC-TOGO regroupe tous les membres qui sont les assureurs-conseils. Cette association a été créée en 1987, soit 30 ans déjà. Les membres fondateurs d’alors sont : Adjé Alex Wilson de SICAR GRAS SAVOYE, Akuété Santos de CAREAS International, et Kantchati Okoulou de l’Africaine de Courtage d’Assurances (ACA) qui malheureusement n’est plus. Paix à son âme.

A sa naissance, l’APAC comptait trois membres. Aujourd’hui, on dénombre 27. L’objet de l’APAC-TOGO est contenu dans l’article 2 des statuts. Les points les plus importants sont :

  • De garantir, promouvoir la moralité et le prestige de la profession de Courtier d’Assurance ;
  • D’assurer la défense des intérêts professionnels, matériels et moraux de ses membres dans l’exercice de la profession ;
  • De veiller à assurer des relations de bonne qualité avec les différents intervenants du marché togolais de l’Assurance (compagnies d’assurances, agents généraux, autorités de contrôle, etc.)

Pourquoi avoir accepté prendre la tête de l’APAC-TOGO ?

D’abord, je tiens à rassurer les uns et les autres. Ça peut faire trop, aux yeux du monde et donner l’impression que M. Symenouh veuille présider, à chaque fois, les associations. Hier président de l’Association des Grandes Entreprises du Togo, président du Comité des Assureurs du Togo, président de la Cour d’Arbitrage du Togo et pourquoi encore lui président des Assureurs Conseils ?

En réalité, pour vous faire la confidence, je ne vous décrirai pas le contexte, mais j’ai été pris en otage par un groupe d’Assureurs Conseils qui m’ont presque obligé à me porter candidat à la présidence, avec des arguments relativement convaincants. J’ai donc accepté d’y aller pour deux raisons : d’abord pour la marque de confiance et ensuite pour relever les nombreux défis ! Et vous savez ? J’aime bien cet exercice.

Parlant de défis, quels sont ceux à relever aujourd’hui à l’APAC-TOGO ?

Le premier défi est celui de la visibilité de l’APAC-TOGO. Vous vous imaginez une association qui existe depuis 1987, personne n’en a jamais entendu parler depuis 30 ans ? Mon premier défi est donc la visibilité. C’est ce qui explique une cérémonie officielle de passation des charges, même si elle n’a été faite qu’entre professionnels, compagnies d’assurances, cabinets de courtage d’assurances et présidents des associations professionnelles (CNP,  AGET, APBEF, CCIT, etc.)

Le deuxième défi est en direction des assurés et touche même au fonctionnement de l’Association. La Fédération, sous ma présidence, doit tout mettre en œuvre pour sensibiliser les consommateurs d’assurances sur la nécessité de recourir aux Assureurs Conseils, avant la souscription des contrats. Donc un défi de sensibilisation.

Le troisième défi réside dans les rapports avec les Compagnies d’Assurances. La Fédération doit travailler de façon très étroite avec le comité des assureurs, de manière à ce que les membres n’empiètent pas sur leur domaine de compétence respectif et qu’il soit bien compris et établi que les compagnies d’assurances et les sociétés de courtage sont des structures complémentaires et des partenaires, même si ces dernières gardent totalement leur indépendance.

Ce sont les sociétés de courtage qui alimentent et font vivre les compagnies d’assurances. Il n’y a donc pas de raison à vouloir éliminer les Assureurs Conseils dans la chaîne de souscription.

Le quatrième défi réside dans les rapports avec l’Etat. L’Etat par le biais de la Direction Nationale des Assurances (DNA) doit être regardant sur cette activité de manière à mettre des dispositifs en place pour valoriser davantage ce métier dans les conditions d’octroi d’agrément (capital social, expérience, compétence, etc.) Egalement, mettre en place un contrôle plus accru de l’activité, afin de sortir les brebis galeuses du système,vis-à-vis des assureurs conseils, qui se livrent à des indélicatesses (rétention de prime, détournement des indemnités des victimes d’accident de circulation, productions d’assurances après sinistres, etc.) De concert avec la DNA, nous mettrons en place une cellule de travail et de concertation pour assainir la profession et rendre le marché plus dynamique.

Le cinquième défi de l’APAC TOGO réside dans ses relations avec ses membres. Le président sortant a fait sa part des nombreuses difficultés qui ont été les siennes, au cours de son mandat et qui se résument surtout à l’absentéisme aux réunions, au non-paiement des cotisations. Le nouveau bureau mettra tout en œuvre au cours de son mandat pour surmonter ces difficultés. En dehors de cela, il y a lieu de relever le défi du professionnalisme. En effet, les membres de l’Association doivent donner l’exemple de leur professionnalisme, montrer à leurs clients mandants qu’ils sont véritablement leurs conseils auprès des assureurs et montrer également aux assureurs qu’ils maîtrisent autant qu’eux, voire mieux le contour des assurances.

Comment peut-on discuter valablement avec un assureur, si on ne connaît pas à l’avance et suffisamment la matière et éviter les pièges éventuels dont pourront faire l’objet les consommateurs d’assurances ? L’élaboration d’un code de déontologie est également nécessaire pour que nous respections les bonnes pratiques entre nous-mêmes. Il y a certainement d’autres défis que sont la création d’un logo propre à la Fédération, la dotation d’un secrétariat permanent et à long terme, la construction d’un siège.

Le siège actuel est logé provisoirement dans les locaux de la présidence de l’Association (Protectrice Assurances, Rue Brazza, derrière Cinéma Rex). On peut donc résumer tous ces défis en trois mots : visibilité – sensibilisation – professionnalisme.

Comment comptez-vous régler tous ces problèmes ?

C’est simple. J’avais dit tantôt qu’il faudrait dès le début du mandat convoquer les états généraux de la profession. Tous les membres doivent faire part des difficultés propres rencontrées. Ensemble, on verra dans quelle mesure on pourrait surmonter ces difficultés. Et puis, un secret ! Pour réussir à atteindre les résultats dans toute structure, ou une association d’hommes qu’on préside, il faut être à l’écoute des membres. Toutes les décisions prises ne doivent pas être imposées, mais ressortiront des échanges et de la volonté de la majorité des membres. En d’autres termes, il s’agira beaucoup plus d’une gestion participative qui implique l’adhésion de la majorité des membres, que d’une gestion imposée et dirigée. Chaque membre devra se sentir à son propre niveau, président de l’APAC-TOGO.

Votre mot de fin sur l’APAC ?

En tant que président de l’APAC-TOGO, je rêve qu’au terme de mon mandat, je transmette à mon successeur, une association forte, visible et incontournable dans le paysage des assurances et du secteur privé au Togo, mais également forte au sein de la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils (FIAC) présidée actuellement par la Côte d’Ivoire. Je rêve d’une association qui protège et défend les intérêts de ses membres, mais aussi et avant tout une association qui doit communiquer suffisamment et sensibiliser les consommateurs d’assurances sur l’absolue nécessité de recourir à un assureur conseil avant de souscrire à toute police d’assurance. Une seule hirondelle ne pouvant faire le printemps, toutes les ambitions et objectifs de cette association ne seraient atteints, pour autant que tous les membres jouent pleinement leur partition. Il suffit, non seulement d’y croire, mais d’agir pour y arriver. Je vous remercie.

(Source : Togo-Presse N°10162)