« GROS PENIS » : le comble de la publicité

L’on se plaint souvent de l’implantation anarchique des affiches et panneaux aux abords des routes et carrefours des villes, surtout Lomé, la capitale togolaise. Mais l’on est de plus en plus choqué face à certaines affiches et pancartes qui se font régulières aux feux tricolores et qui portent des messages qui posent un problème de moralité. C’est le cas des affiches « GROS PENIS » qui inondent la capitale.

Il s’agit d’un message de publicité d’un citoyen qui se dit détenteur de la formule magique pour faire grossir le pénis d’un individu qui n’arriverait pas à satisfaire sexuellement sa conjointe. Non seulement, les conséquences de cette formule magique sur la santé des populations ne sont pas évaluées, mais cela pose bien évidemment un problème moral. Si l’on est dans un monde de plus en plus connecté et où le sexe n’est plus tabou, dans nos sociétés africaines, il y a un minimum de pudeur à préserver. « Il y a un problème de mœurs qui se pose en général. Mais cette publicité est à interdire. Ça se multiplie dans la capitale. Je pense que l’intimité n’a pas besoin de publicité. Quelle éducation voulons-nous donner à nos enfants avec de tels messages ? », s’interroge Claudine, revendeuse. « Ce n’est pas normal. On a l’impression que la mairie a démissionné. La HAAC aussi devrait regarder de plus près via sa commission Publicité », ajoute Jean-Michel, stagiaire dans une société.

Le constat est réel. Il suffit de faire un tour dans la capitale togolaise pour constater le phénomène. Le message est écrit et collé en plusieurs exemplaires à des endroits ciblés. A travers ce « matraquage publicitaire », puisque c’est de ça qu’il s’agit, le promoteur invite à faire le choix de ses produits dont l’efficacité reste à démontrer.

Pourquoi cherche-t-on à avoir un « gros pénis » ?

On parle en effet de micropénis lorsque la verge ne dépasse pas 8 centimètres en érection. Pourquoi certains désirent avoir un pénis plus volumineux ? « Il y a des femmes qui préfèrent de gros zizis. Et les hommes font grossir leurs zizis pour se faire désirer par ces femmes. Mais selon moi, gros ou petit, c’est le savoir-faire qui compte. Si tu sais comment t’y prendre (chose que nombreux ne savent pas faire), ta partenaire sera satisfaite. Tout le monde sera content et pas besoin de le faire grossir », pense Hamida. « En réalité, la forme du pénis n’a pas d’incidence sur le travail qu’il fait. Mais est-il que celui qui est déjà pourvu d’un pénis bien en forme fournit moins d’effort pour satisfaire les femmes. Celui qui a un petit pénis doit fournir plus d’effort pour satisfaire une femme. Chez certaines femmes, quand le sexe de l’homme est imposant, ça donne envie », analyse Charles.

Un spécialiste que nous avons pu interroger, affirme qu’en matière de sexualité, ce n’est pas la taille du pénis qui compte. « Toutes les formes et les grosseurs sont superbes. La meilleure chose que tu peux faire, est de t’assurer qu’ils sont attachés à une superbe personne. Il y a tellement plus que la taille dans le sexe » affirme notre interlocuteur. « Chez la femme, le point G se trouve à environ 3 cm de l’entrée du vagin. Le clitoris, quant à lui, est principalement à l’extérieur. Inutile, donc d’avoir un pénis démesuré pour faire plaisir à sa partenaire. Pour prendre du plaisir, même avec un petit pénis, Madame peut notamment muscler son périnée : ainsi, elle pourra contracter ses muscles pendant l’acte sexuel et mieux apprécier la (petite) circonférence de son partenaire », informe-t-il.

Cette publicité qui pose un véritable problème social, corrompt silencieusement et inconsciemment les bonnes mœurs. Les mairies et la HAAC sont donc interpellés à jouer leur partition, avant qu’il ne soit trop tard.

Stanislas AZIATO