Fulham : Floyd Ayité ne lâche pas

Engagé depuis juillet 2016 avec le club de football Fulham FC, l’international togolais joue gros en deuxième division anglaise. Désormais âgé de 30 ans, il n’a pas droit à l’erreur. Celui du tremplin vers la Premier League qu’il s’est fixé. Entre blessures et grosse concurrence, l’Epervier défend sa carrière avec pugnacité.

Compétitivité, argent

« Breaking : Please join us in welcoming Floyd Ayité to Fulham Football Club ! », pouvait-on lire en anglais sur le compte twitter du club de Fulham FC dans l’après-midi du 1er juillet 2016. Le club de Championship (division 2 anglaise de football) annonçait ainsi à ses supporters l’arrivée du footballeur togolais en provenance de la Ligue 1 française. « Nouvelle aventure qui commence au @FulhamFC. Un grand merci au @SCBastia, staff, joueurs et supporters pour ces 2 saisons. #PerSempreTurchinu », twittait dans la foulée l’attaquant des Eperviers du Togo. Le club de Londres et le joueur sont fiers d’une collaboration qu’ils annoncent « prometteuse ». S’ensuivra un contrat de trois ans plus un, en option.

Lorsque Floyd Ayité quittait la Ligue 1 pour la division 2 anglaise, la décision a poussé de nombreux journalistes sportifs togolais à la curiosité. Le choix paraissait surprenant. Pour cause, l’Epervier a fait suffisamment montre de potentiel pour rester dans l’élite du championnat de football de France, et même rejoindre des clubs plus huppés que le SC Bastia. Et ainsi jouer dans des clubs qui prétendent aux coupes européennes. De ce point de vue, partir pour un championnat de deuxième division, particulièrement exigeant avec 24 équipes et 46 journées à disputer, ressemble à un pari risqué. Mais le défi n’a semblé guère effrayer l’ancien Bastiais.

L’aspect compétitif de l’Angleterre seul ne suffit pas à justifier le choix de transfert de Floyd. Au-delà de tout, il y a un point non négligeable, l’argent. Le Togolais touchait entre 25 000 et 30 000 euros par mois (entre environ 17 et 20 millions de francs CFA; salaire hors primes individuel et collectif) à Bastia, des sources d’un site web d’actualité sportive corse. A Londres, il toucherait, d’après les estimations du magazine français So Foot, 60 000 euros par mois (environ 40 millions de francs CFA; salaire hors primes individuel et collectif). Un bulletin salarial multiplié par 3 ! Un revenu que, d’après L’Equipe Sportive, seuls le PSG, Monaco, Marseille ou Lyon sont capables d’offrir en France. L’argent ne coule pas à flots qu’en Premier League. En Championship aussi. Et ça, Floyd Ayité l’a vite compris. Là-bas, il peut allier compétitivité et confort salarial.

Statistiques

Un an et 6 mois après son arrivée dans la capitale anglaise, la sauce est très épicée pour Floyd. Ce qui devait être, pour lui, une « porte d’entrée potentielle » vers la mythique Premier League va être un combat de tous les instants. Il ne joue pas autant qu’il le veut. Il n’a pas la continuité qu’il souhaite. Son coach, le Serbe Slaviša Jokanović, fait beaucoup tourner et soumet ses joueurs à vocation offensive à une rude concurrence. « La Championship, c’est une mentalité différente. On ne joue pas comme en Ligue 1 française et on ne pense pas comme en Ligue 1 », commente un journaliste sportif local. En effet, avec 24 équipes et 46 journées, sans compter les matches de coupe, le championnat est long et physique. L’entraîneur alterne. « Avec le coach, tu peux passer deux semaines sans jouer et ensuite enchaîner les matchs les week-ends suivants. C’est en fonction de ce qu’il veut faire », déclarait Aboubakar Camara, son coéquipier français d’attaque, dans les colonnes de France Football.

Si sa première saison au club a été sous de bons auspices, la deuxième l’est moins. Cette saison, Floyd a disputé 17 matches de championnat sur 27 pour trois buts. Précédemment, il était à 31 matches pour 46 journées et 9 buts marqués. Une mention honorable pour le natif de Bordeaux, en dépit de son faible ratio de but. Sur les 17 matches de Championship de la saison en cours qu’il a disputé, il a été titulaire 15 fois. Un temps de jeu assez correct. Seul point noir au tableau, les buts mais surtout les blessures. Des bobos qui arrivent souvent au mauvais moment et qui freinent son élan. Comme en décembre 2017. Démarrant souvent titulaire, il a activement participé à la victoire des siens le 23 décembre où il a été buteur et remettra ça face à Cardiff (4-2) le 26 décembre. Avant une douleur à la cuisse qui l’éloignera des pelouses face à Sunderland le 16 janvier et Birmingham le week-end dernier.

Dans le 4-4-3 cher à Jokanović, Floyd Ayité évolue tantôt comme ailier gauche, tantôt comme attaquant axial. Mais la concurrence du Brésilien Lucas Piazon sur le côté gauche de l’attaque et celui du Français Aboubakar Kamara dans l’axe ne lui garantit pas un temps de jeu conséquent. Celui dont le magazine français l’Equipe dit être « un ailier possédant une bonne technique et une bonne frappe de balle », doit batailler dur pour jouer. L’Epervier sait attendre son tour.

Pas de départ au programme

Floyd a le soutien de son entraîneur. En témoigne sa déclaration sur une chaîne de télévision sportive anglaise. « Floyd est un joueur important pour nous, qui a juste besoin d’être au point physiquement », a-t-il déclaré. La concurrence particulière à gérer tombe bien pour lui qui rêve d’évoluer en Premier League. A Fulham, Shad Khan, le président du club, veut à tout prix faire monter le club en Premier League. Les Cottagers qui sont relégués en deuxième division depuis la saison 2013-2014 après 13 années consécutives passée dans l’élite, supportent mal leur présence en Championship. « Floyd doit s’aguerrir et s’attendre à tout. S’il tient sa place à Fulham, alors, il pourra prétendre aisément évoluer en Premier League », fait savoir notre source.

Sous contrat jusqu’en juin 2019 avec les Cottagers, le Togolais, dit bien se sentir dans la capitale anglaise et ne pas être intéressé par un retour en Ligue 1, comme l’a fait son compatriote Serge Gakpé, afin de relancer sa carrière en difficulté en Italie.

Après deux saisons à Bastia, Floyd est parti à Fulham lors du mercato d’été 2016 pour 2,1 millions d’euros. En 50 rencontres (toute compétition confondue) avec le club anglais, il a inscrit 12 buts.

Ismaël ALI