Fonds GARI : ce que les PME ne savent pas

Le Fonds de garantie des investissements privés en Afrique de l’ouest (GARI) a organisé hier mercredi dans un grand hôtel de la capitale, une session de formation à l’endroit des journalistes économiques et financiers togolais. Objectif : faire découvrir le Fonds GARI, sa mission, son fonctionnement, ses produits, etc. Membre du Groupe African Guarantee Fund (AFG) depuis le 15 décembre 2015, le Fonds GARI se veut une garantie pour la croissance africaine.

« Nous sommes bien loin de satisfaire les besoins exprimés par les entreprises. Nous en sommes conscients. (…) Notre garantie est silencieuse. Certains entrepreneurs, lorsqu’ils savent que leur dossier est adossé à un fonds de garantie, ne remboursent pas. Raison pour laquelle nous travaillons plus dans l’ombre. Le Fonds GARI couvre les quinze pays de la CEDEAO », décrit Franck Adjagba, directeur général du Fonds GARI.

Deuxième institution financière après la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds GARI est créé en 1994 à Lomé pour soutenir les institutions financières dans le domaine du financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME). « En fait, nous ne travaillons pas directement avec les entreprises. Nous travaillons avec les banques. C’est la banque qui vient vers nous pour déclarer son appétit pour le financement d’un projet et qui souhaite partager le risque et chercher du confort », affirme le directeur général du Fonds GARI. « Cependant, il nous arrive de donner une lettre d’intention sur un projet intéressant porté par une PME », poursuit-il.

Les difficultés d’accès aux marchés, l’accès au financement, la faiblesse des infrastructures sont, entre autres, les principaux freins à la croissance des PME. Les obstacles majeurs à l’accès au financement de ces entreprises sont la qualité du management, les contraintes réglementaires bancaires, la faiblesse de fonds propres, les sources limitées de financement, et le manque de garanties solides. C’est justement ce dernier point qui fait hésiter les banques en ce qui concerne le financement des PME.

Comme solutions à ces maux, le Fonds GARI propose un collatéral de qualité dont la monétisation est immédiate. Il facilite la levée de ressources à long terme, l’accès à des sources diversifiées de financement, le renforcement des capitaux propres, et le renforcement des capacités des banques et des PME.

Les PME/PMI représentent plus de 98% des entreprises et les 2/3 des emplois des pays développés. Elles participent entre 40 et 60% à la formation du PIB des pays d’Europe et des Etats-Unis. En Afrique, les PME/PMI contribuent à 20% du PIB.

Sur le plan commercial, African Guarantee Fund est présent dans 38 pays africains où il émet 500 millions de dollars US à travers 84 institutions financières partenaires et 117 filiales de banques. Un milliard de dollars US est disponible pour le financement des PME. Du point de vue économique, on note 470 millions de dollars déboursés en faveur des PME avec à la clé 4300 PME bénéficiaires. 43000 emplois supplémentaires sont créés par ces PME et 60% d’entre elles sont gérées par des jeunes et 30% par des femmes. « Cependant, nous reconnaissons que nous avons encore des défis à relever. L’offre n’a pas encore couvert ses besoins. Nous sommes bien loin de combler les attentes des PME », reconnaît Franck Adjagba.

Au 31 décembre 2016, le Togo est le deuxième pays (15%), après la Côte d’Ivoire (26%) à bénéficier des approbations de garantie par pays. Au 15 octobre 2017, l’encours des engagements par pays affiche le Togo en première ligne avec 25% des 88396 milliards FCA engagés.

Travaillant avec la plupart des banques opérant sur le marché togolais, le Fonds GARI s’impose comme le chaînon manquant aux institutions financières dans leur stratégie de financement des PME. Agréé comme établissement financier en 1995, le Fonds GARI dispose de 23 banques partenaires réparties dans les pays de l’Afrique de l’ouest.

Elom ATTISSOGBE