Fermeture des églises : L’OTE fait des propositions

L’Observatoire togolais des églises (OTE) sort de son silence et se prononce sur  la fermeture de certains lieux d’adoration par la direction des cultes. Pour l’OTE, il s’agit d’une mauvaise approche. Face à la presse le 13 août, l’Observatoire a donné sa position.

Plus de 17 églises ont été déjà fermées par la direction des églises selon l’OTE. La nuisance sonore est la raison avancée par la direction des cultes pour procéder à cette fermeture. « Cette raison n’est pas valable », affirme l’OTE. « Nous sommes d’accord que des églises font de la nuisance. Mais est-ce les églises seules qui font de la nuisance ? Et qu’en est-il des bars, des moulins, des mosquées ? La fermeture n’est pas la bonne formule. Il faut que la direction des cultes repense cela », se plaint Dr. Cyrus Padabadi, président de l’OTE.

Selon lui, les églises ne font pas seulement que du bruit. « C’est plutôt grâce aux églises que certains vices ont quitté les populations. Moi je dis qu’elles font plutôt du bruit positif. Les fermer, c’est dresser un tapis rouge à ces vices qui pourront refaire place dans nos sociétés », fait-il savoir.

À la place de la fermeture, l’OTE fait des propositions. « D’abord, nous demandons à la direction des cultes de nous associer quand il s’agira de fermer les églises. Mais nous disons qu’ensemble avec l’État, on impose un programme aux églises  et dans ce cas, celle qui violera la règle verra son église automatiquement fermée. C’est mieux que la fermeture directe les églises », plaide Dr. Cyrus.

L’OTE a profité de cette rencontre pour présenter à la presse son nouveau bureau exécutif. Il est composé de 11 membres  élus pour un mandat de cinq ans dont le président est Dr. Cyrus. Le nouveau bureau a comme cahier de charge de trouver une solution adéquate à la fermeture des églises, tant du côté des autorités que du côté des responsables d’église.

« Vu ce qui se passe, il va falloir qu’on essaye d’interpeller le ministre de l’Administration territoriale ou la direction des cultes pour qu’ensemble, nous puissions travailler de concert et mettre de l’ordre. Il ne faut pas qu’il nous écarte de la prise de décision. Et puis, il s’agira d’organiser des séminaires pour que les pasteurs comprennent  que la liberté religieuse ne veut pas dire la violation des droits des citoyens togolais. Nous sommes quand même un pays de droit », a laissé entendre le président.

En mars dernier, le Syndicat des pasteurs We are one du Togo (SYNPAWAOTO) a échangé avec la Direction des cultes à ce sujet et s’est engagé à poursuivre la sensibilisation au sein du corps pastoral.

Stanislas AZIATO