Col. Gnama Latta : « Le Togo est prêt pour cette grande réunion sur le MUTAA »

Il est le président de la sous-commission Accueil et Organisation. Le colonel Gnama Latta, dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, fait le point des préparatifs dans le cadre de la réunion de haut niveau que Lomé accueille du 25 au 28 mai. Le Directeur général de l’Agence nationale d’aviation civile du Togo décline également les objectifs et les attentes de cette grande rencontre internationale sur le Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA).

Quel est le point des préparatifs ?

Lomé s’apprête à accueillir une grande réunion internationale. Le Marché Unique du Transport Aérien en Afrique est l’implémentation totale de la décision de Yamoussokro qui connaît beaucoup d’atermoiements.

Quand le président du Togo a été fait champion du MUTAA le 29 janvier 2018, on était 23 pays africains. Aujourd’hui, ils sont 25 pays à avoir confirmé leur adhésion. Et il y a six autres pays qui ont manifesté leur intérêt par rapport au MUTAA. Ils seront invités aussi à cette réunion de haut niveau. On s’attend à une trentaine de pays à ces assises.

En dehors de cela, nous avons invité les présidents des institutions comme l’OACI, le Comité économique régional, l’AFRAA, la commission de l’UA, la Banque Mondiale, la BAD, le NEPAD, l’ASECNA, la CEDEAO, etc. Toutes ces institutions contribueront au rayonnement du MUTAA. Cette rencontre est capitale. Beaucoup ont manifesté leur désir d’y participer. Nous avons mis douze commissions sur pied dans le cadre de l’organisation. Ensemble, nous devons être forts pour avancer.

Il faut que nos compagnies comprennent qu’elles sont condamnées à travailler ensemble. Il faut qu’elles se mettent ensemble. Aujourd’hui, en Afrique, vous prenez un billet sur une compagnie A, vous ne pouvez pas aller sur une compagnie B. On ne peut développer le transport aérien en Afrique de cette manière. Alors que si vous prenez les grandes compagnies du nord, vous avez un billet sur KLM par exemple, vous pouvez voyager avec Air France.

Mettons-nous ensemble. L’exemple illustratif de cette vision, c’est Ethiopian et Asky. Leur coopération marche à merveille. C’est ce que nous envisageons. Que toutes les compagnies fassent une alliance. On gagnera à le faire pour améliorer le brassage et la connectivité.

Quelles sont les attentes par rapport à cette réunion de haut niveau ?

Il faut que nous prenions l’engagement de nous mettre ensemble à travers la signature d’un Mémorandum d’entente. Tout ce qui constitue un obstacle à l’application de la décision de Yamoussokro doit être supprimé de nos accords aériens.

Comment se présente le programme ?

Le 25 et le 26 mai, c’est la réunion des experts. Le 27 mai, c’est la réunion des experts avec les ministres des pays qui ont adhéré au MUTAA. Le 28 mai, c’est sous le haut patronage du chef de l’Etat togolais, champion du MUTAA, avec le président de la commission de l’Union Africaine. On se retrouvera en plénière. Et c’est là que les gens signeront ces Mémorandums d’entente. Et vous verrez qu’à partir de là, ça va avancer.

Il y a l’objectif 2063 de l’Union Africaine qui contient le MUTAA et la Zone économique de libre échange signée à Kigali sous l’égide du président de l’UA. Si ces deux projets évoluent, vous verrez que l’Afrique posera des actes forts. Il faut ouvrir la connectivité à nos partenaires, à ceux qui viendront nous visiter. Il faut développer le tourisme, l’économie. Il faut des zones de libre-échange en Afrique.

Le marché unique existe en Europe. Il faut qu’on évite l’atermoiement en Afrique et qu’on avance. Il y a la cinquième liberté que certains pays africains hésitent à appliquer. Ce n’est pas bon. Il faut faire la libre-concurrence, donner la possibilité aux compagnies de se développer, et offrir aux passagers le choix de voyager. Quand on est ensemble, on fait l’économie d’échelle.

Je me rappelle qu’en 2015, on avait tenu une réunion à Lomé, la première sur le développement du fret en Afrique. Et c’était au Togo où le président de l’OACI était présent. On a pris des engagements. Aucun pays ne doit être délaissé. C’est-à-dire que ceux qui sont forts doivent pouvoir accompagner les autres. C’est ce que le Togo fait aujourd’hui.

Tous les inspecteurs sont en train de se mettre au service les pays qui nous sollicitent pour les accompagner. Nous devons travailler ensemble. Le Togo est fin prêt pour accueillir les pays frères qui viendront. Et ensemble, nous croyons que nous prendrions des décisions fermes pour avancer.

Interview réalisée par Elom ATTISSOGBE