CHU S.O : CREDES aussi s’en va, OIGH aux commandes

Décidément, tout semble faire croire que la contractualisation des hôpitaux au Togo a du plomb dans l’aile. Après le départ en février 2018 de la structure française EMI chargée de piloter le processus, c’est maintenant le tour de CREDES de mettre les voiles, faisant ainsi place à l’OIGH appelée à la rescousse.

« Le bilan est satisfaisant. La contractualisation a beaucoup assaini la gestion des finances des hôpitaux. Cela a beaucoup impacté les taux de consultation et de fréquentation, les maternités et l’aspect prise en charge chirurgicale. On a senti qu’il y a une nette amélioration de la vie sanitaire ». Ces propos du Pr. Mijiyawa, ministre de la Santé, tenus en juin 2019, contrastent avec la réalité sur le terrain.

Au CHU Sylvanus Olympio, CREDES, structure privée qui gérait la contractualisation du plus grand centre hospitalier du Togo, a claqué la porte fin août dernier, pour des raisons dont « La Nouvelle Tribune » n’a pas réussi à prendre connaissance. « Ça ne marche pas ! », nous confie un cadre du CHU Sylvanus Olympio. « Il faut repenser l’approche », indique-t-il.

Du coup, c’est l’Organisation internationale pour la gestion hospitalière (OIGH) qui a pris le relais de la contractualisation du CHU Sylvanus Olympio début octobre, après le départ de CREDES. Une structure qui a déjà en charge le CHR Dapaong, le CHR Kara, et le CHR Sokodé. Selon les recoupements effectués par la rédaction de « La Nouvelle Tribune », la contractualisation des hôpitaux coûterait à l’Etat, une somme de 8 millions FCFA par mois, versée à la structure qui gère le processus. Seraient concernés par la contractualisation au CHU Sylvanus Olympio, les services les plus juteux : la radio, la pharmacie, le laboratoire, et la morgue. Quatre grandes sphères qui renflouent les caisses de l’ancien CHU Tokoin, confiées à la structure aux commandes. Malgré cela, ça ne semble pas marcher. La morgue seule, selon des statistiques communiquées à « La Nouvelle Tribune », rapporterait en moyenne 30 millions FCFA par mois.

« Pourquoi ça ne marche pas ? »

La contractualisation devrait permettre d’optimiser la mobilisation et la gestion des ressources disponibles et de répondre au problème d’insatisfaction des patients. Elle repose sur un partenariat formel et durable entre tous les acteurs du secteur de la santé. Elle consiste, par le biais d’un contrat, à céder la gestion d’une structure de soins à une entité non étatique spécialisée dans la gestion hospitalière. Elle permet de trouver des solutions à l’insatisfaction des patients,  à la baisse du taux de fréquentations des structures sanitaires publiques, d’offrir un service de qualité. « L’Etat assurera tous ses engagements financiers et les sous-traitants se contenteront d’assurer la gestion », précisait le ministre de la Santé en juin 2018. Sauf que, sur le terrain, la réalité est toute autre. Ce nouveau départ de la structure CREDES du CHU Sylvanus Olympio cache mal des couacs importants dans le processus de contractualisation des hôpitaux. L’Etat ne respecterait-il pas ses engagements financiers ? La gestion n’est-elle pas optimale ? Autant de questions qui se posent dans l’opinion.

EMI…puis CREDES

Ce nouveau départ fait suite à celui de l’Entraide médicale internationale (EMI) en février 2018. Un retrait qui serait dû au non-respect par l’Etat togolais des clauses du contrat qui lie la structure. L’objectif spécifique pour EMI à l’époque était l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité des soins dans les hôpitaux et les centres de santé des régions concernées. Ses actions devraient porter sur la réorganisation des centres de santé, permettant une augmentation du taux de fréquentation des établissements de santé, une amélioration de la qualité des soins, une amélioration de l’approvisionnement en médicaments, une amélioration de la référence-évacuation auprès des hôpitaux de district, une amélioration du recouvrement des coûts au sein des établissements de santé, une augmentation des actes médicaux et chirurgicaux.

Elom ATTISSOGBE