Chantier de CECO BTP au Port : LE BIG BANG

Dans sa tentative d’éjecter CECO BTP du chantier du port autonome de Lomé, le Contre-amiral Fogan Adégnon, directeur général du port, s’est fait hara-kiri. Lui qui a risqué de commettre l’irréparable. Retour sur une étincelle qui a failli mettre le feu aux poudres.

Le port de Lomé tourne depuis quelques temps au ralenti. Les opérateurs économiques, étouffés par la pression fiscale, l’application du Règlement 14 de l’UEMOA, la conjoncture internationale et le coût onéreux du Bordereau électronique de suivi de cargaison (BESC) désertent tour à tour les installations de Lomé.

C’est dans cette ambiance tendue qu’un acte posé par le contre-amiral Fogan Adégnon a créé de l’électricité en l’air au port de Lomé. Selon des indiscrétions, le directeur général du port aurait tenté de résilier le contrat de CECO BTP sur un chantier sur lequel opère cette dernière, de concert une entreprise chinoise, parce que les travaux auraient été arrêtés ou n’avanceraient pas convenablement.

Selon certaines sources, il y a eu un problème sur les délais. Généralement, à l’ouverture d’un chantier, il y a ce qu’on appelle « le délai d’installation », c’est-à-dire le temps que l’entreprise prend pour prendre ses quartiers sur le site. Ce délai n’aurait pas été pris en compte dans le décompte distant, par rapport au volume du travail actuellement fait. Ce qui a d’ailleurs occasionné récemment une réunion.

Dans nos recoupements, le ministre des Infrastructures et des Transports, Ninsao Gnofame que nous avons pu interroger sur la tentative de résiliation du contrat de CECO BTP par le port de Lomé, répond : « je n’ai pas de vérité à dire. Ce n’est pas moi qui ai rédigé le contrat de CECO. Il faut approcher celui qui a rédigé ce contrat pour comprendre. (…) Je ne peux pas aller au-delà de ce que je suis en train de vous dire. Je vous prie d’aller voir celui qui a résilié le contrat de CECO. Si mon nom est cité quelque part, vous pourrez revenir vers moi. Et si j’ai quelque chose à ajouter en ce sens, je le ferai. »

Du côté de la direction générale du port de Lomé, on entretient le flou. Dans nos démarches, nous nous sommes approchés du directeur général, le contre-amiral Fogan Adégnon qui a nous a reçus à son bureau avec ses collaborateurs, dans le cadre de cette affaire. « Je voudrais vous remercier pour cette démarche d’investigation que vous avez menée. M. Ninsao Gnofame est mon ministre de tutelle. Et je peux vous dire que je n’ai aucun problème avec lui. Lui et moi n’avons jamais parlé de CECO. », a-t-il laissé entendre. « Y a-t-il eu résiliation du contrat de CECO sur le chantier du port de Lomé ? », avons-nous posé comme question au directeur général du port. « Je ne réponds pas à cette question. Je ne sais pas de quoi vous parlez. De toute façon, un acte que je pose n’engage que moi », affirme-t-il.

« Malentendu »

Selon Constantin Amouzou, Président Directeur Général de CECO GROUP, il s’agit tout simplement d’un « malentendu ». « Nous sommes en groupement avec une entreprise chinoise sur ce chantier. Il y a eu un malentendu. Mais c’est en voie de règlement. Je vous demande un peu de patience. Nos ouvriers sont sur le chantier. On n’a jamais arrêté les travaux sur ce chantier. On nous a demandé d’accélérer les travaux pour finir à temps. Il y a une complexité de mise en œuvre liée au site. Le directeur général du port a envie de vite voir le produit fini. Je ne pense pas qu’il faut lui en vouloir pour ça. », nous a confié Constantin Amouzou.

A l’analyse de ces différentes réactions, il relève qu’il y a bel et bien eu une brouille ou une tentative de résiliation entre le directeur général du port et les parties impliquées dans ce projet. Les prochains jours nous situeront mieux sur cette affaire.

Elom ATTISSOGBE