Atakpamé : l’essentiel de la tournée du ministre Bawara et ses collègues

La qualité de l’administration et des services publics, le Plan national de développement (PND), la contractualisation, les problèmes relatifs au secteur de l’enseignement, etc. Ces sujets ont constitué l’ossature de la première étape d’une tournée entamée par le gouvernement. Conduite par le ministre de la Fonction Publique, du Travail, de la Réforme Administrative et de la Protection Sociale, Gilbert Bawara, la délégation  gouvernementale était à Atakpamé vendredi 08 novembre dernier. Cette  étape a permis aux ministres de l’Enseignement Technique, Taïrou Bagbiègue, de la Santé et de l’Hygiène Publique, Pr. Mustafa Mijiyawa, membres de la délégation, d’entretenir les fonctionnaires de la Région des Plateaux sur les valeurs et principes d’une administration de qualité.

Venus nombreux de toutes les préfectures de la Région des Plateaux, les responsables de l’administration générale ont été sensibilisés par les trois membres de l’Exécutif togolais. Objectif : amener les uns et les autres à une conscience professionnelle, au travail bien fait et offrir des services publics de qualité aux usagers.

Selon le ministre Gilbert Bawara, l’on note aujourd’hui un laisser-aller au niveau de l’administration, un absentéisme  des fonctionnaires et une négligence dans le traitement des dossiers. Une situation qui met en mal les bénéficiaires des services publics et qui interpelle le gouvernement. « Nous sommes là pour rappeler la nécessité pour les agents d’être assidus, d’être présents effectivement sur leurs lieux de travail. Non pas de venir déposer leurs vestes, leurs sacs et d’aller vaquer à d’autres occupations. Mais ils doivent être présents physiquement pour fournir le travail et les prestations pour lesquelles ils sont payés », insiste-t-il.  Le ministre Bawara a rappelé les bons comportements que doivent adopter les fonctionnaires vis-à-vis de la hiérarchie et la confraternité qui doit régner dans les services. « Nous devons adopter des bons comportements qui doivent se traduire par le respect de la hiérarchie, la confraternité, l’assiduité et la ponctualité au travail. Nous devons être guidés par la discipline et la rigueur professionnelles. Aucun pays n’a réussi sans ces valeurs », a-t-il déclaré.

Cette exigence de la conscience professionnelle est l’une des garanties pour la réussite du Plan national de développement si cher au chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, notamment en matière de création d’emplois décents pour la jeunesse, d’amélioration des revenus des populations et l’amélioration de la qualité et l’accès aux services sociaux comme la santé, l’eau potable et l’électrification des coins reculés.

Le chef de cette délégation gouvernementale n’a pas manqué de faire cas des efforts du pouvoir exécutif pour améliorer les conditions de vie et travail des fonctionnaires et retraités : le relèvement de la valeur indiciaire dès le 1er janvier 2020, la mise en place de nouveau système d’allocations de départ à la retraite à partir de janvier 2020 et la construction des maisons des retraités à Lomé et à l’intérieur du pays. Des efforts  qui ne peuvent se pérenniser sans la préservation de la paix et de la sécurité : «  Vous devez être des artisans de paix et œuvrer  pour sa préservation.  Dans quelques mois, nous ferons face à une échéance électorale. Que chacun de vous adopte un comportement citoyen et républicain par des agissements de non-violence » a exhorté le ministre Gilbert Bawara.

Contractualisation : « Bilan positif » selon Pr. Mijiyawa

Pour le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le Professeur Mustafa Mijiyawa, la contractualisation est un processus qui a permis de relever les performances financières de l’hôpital d’Atakpamé (point d’expérimentation) qui traversait des difficultés au niveau de la gestion financière. Elle incite à la bonne gouvernance. « Grâce à la contractualisation, le CHP d’Atakpamé a épongé  ses dettes, paie bien ses agents, et a acquis  un microscope, des brancards et d’autres matériels », a-t-il précisé. Des centres de santé de  Siou, de  Kara, de  Sokodé, de Blitta, le CHU Sylvanus Olympio, sont également dans cette dynamique et ce n’est que des impacts positifs pour le personnel soignant et les patients.

En outre, le ministre de la Santé a précisé que le gouvernement se bat pour offrir des soins de qualité aux populations : la construction et l’équipement de plusieurs centres de santé, des écoles de formation en matière de santé, la mise en place des cliniques mobiles dans les coins reculés pour être proches des patients.

L’éducation : l’autre paire de manche

La délégation conduite par le ministre Gilbert Bawara a également rencontré à Atakpamé les responsables des différents syndicats de l’enseignement, la Coalition nationale pour l’éducation pour tous et les responsables préfectoraux de l’enseignement confessionnel, des associations des parents d’élèves, des associations d’élèves et étudiants de la Région des Plateaux.

Des discussions conviviales et de respect mutuel, parfois houleuses, ont caractérisé cette rencontre. Acteurs de l’éducation et gouvernement ont débattu de l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Tout a  tourné autour des 2 milliards FCFA et du protocole d’accord. « Nous avons constaté qu’il y a quelques incompréhensions et nous avons voulu rappeler le contexte dans lequel les discussions avaient eu lieu au sein du Groupe de Travail en mars 2018. Les conditions dans lesquelles le protocole d’accord avait été signé en avril 2018 et surtout les efforts considérables qui ont été faits par le gouvernement pour satisfaire les aspirations et les revendications des enseignants. Durant les dix dernières années, c’est le secteur qui a bénéficié le plus d’améliorations en termes salariales. En 2018, il a été possible de débloquer 1 milliard FCFA et d’indexer la répartition de cette somme. En 2019, deux milliards ont été débloqués en fin juillet. Nous n’étions pas en mesure d’indexer cette somme qui a été équitablement repartie à l’ensemble des enseignants sur la base des critères et des modalités qui ont été proposées par les fédérations des syndicats des enseignants elles-mêmes », a décrit le ministre Bawara.

Selon son collègue de l’Enseignement Technique, Taïrou Bagbiègue, le gouvernement fait face à d’énormes défis dans des secteurs comme la construction des infrastructures scolaires pour un enseignement de qualité, les ressources humaines, les enseignants volontaires, l’enseignement confessionnel, etc. « Le gouvernement essaie de trouver des solutions à ces multiples problèmes pour un enseignement de qualité au Togo. Il faut comprendre que  tout est prioritaire. Privilégions le dialogue et la concertation pour trouver des solutions pour une année scolaire paisible », a-t-il précisé.

Toujours dans le souci d’avoir de meilleurs résultats dans l’enseignement dans la discipline et la rigueur, « un contrôle est prévu de janvier à mars 2020, sur toute l’étendue du territoire,  pour constater la qualité de l’enseignement et l’effectivité des enseignements à leurs postes », a informé le ministre de la Fonction Publique.

Cap sera mis sur les autres régions du pays dans les prochains jours pour poursuivre les échanges.

Isidore AYEKO