Asky : le vent en poupe

Le transporteur aérien Asky s’apprête à publier ses résultats annuels. Dans quelques mois, les actionnaires de la compagnie panafricaine feront le déplacement de son siège à Lomé. Les comptes de l’exercice 2017 seront passés au peigne fin et soumis à validation. Le bilan comptable n’a pas encore été entériné que, déjà, des spécialistes du secteur parlent « d’année faste ».

C’est un rituel annuel pour le Conseil d’Administration d’Asky Airlines. Entre les mois de mars et avril, le board du transporteur aérien se réunit à son siège de Lomé pour valider les résultats de l’exercice écoulé. Le nombre de passagers transportés, le chiffre d’affaires réalisé, les difficultés rencontrées, les perspectives, etc. Son directeur général, l’Ethiopien Ahadu Simachew, défendra le bilan de l’entreprise en Assemblée générale. Le bruit des chaussures des investisseurs et hommes d’affaires n’a pas encore résonné dans les couloirs de la salle de réunion de l’immeuble BIDC (siège de la compagnie panafricaine) que les analystes de la sous-région y vont de leurs commentaires.

Se basant sur des estimations, ces derniers trouvent que la compagnie aérienne devrait afficher un bilan « favorable ». « Au regard des tendances, les chiffres pour 2017 seront bons », commente Skyscanner. D’après l’Association internationale du transport aérien (IATA), avec ses 8 appareils qui desservent 23 capitales politiques et économiques d’Afrique, Asky aurait transporté 700 000 passagers en 2017 contre 620 000 en 2016. Une tendance « bénéficiaire », d’après les spécialistes.

Huit ans après le lancement du transporteur aérien, l’affluence sur ses vols va donc crescendo. En effet, de 515 000 passagers en 2015, elle est passée à 620 000 en 2016 pour atteindre 700 000 en 2017. Gervais Koffi Djondo, son Président du Conseil d’administration, annonçait lui-même en 2015, un bénéfice de 2,2 milliards de francs CFA (3,35 millions d’euros). La compagnie révélera en 2016 à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, un chiffre d’affaires qu’elle a estimé à 68 milliards de F CFA (près de 104 millions d’euros).

Des analyses d’un professionnel du transport aérien, cette embellie n’est pas surprenant. « Asky a une plus grande maîtrise de ses coûts opérationnels. Et cela, malgré les coûts d’exploitation en Afrique de l’Ouest qui sont parmi les plus chers du monde ! Aussi, sa flotte est essentiellement constituée de Bombardier Q400, des avions qui consomment peu de carburant. Economique. Adossé à la compagnie actuellement la plus rentable d’Afrique, Ethiopian Airlines, elle dispose d’un potentiel de trafic énorme. Toutes ces données lui confèrent un gros avantage sur ses concurrents », explique un professionnel du transport aérien. « Asky mise beaucoup sur sa réputation de sécurité avec la certification IOSA qu’elle a obtenue en 2015. La fiabilité de sa ponctualité avec un taux évalué à plus de 85 % est aussi un bon critère pour attirer de nouveaux clients. Tous ces aspects concourent à lui donner une bonne santé », poursuit-il.

Pour rappel, le plan d’affaires établi au lancement de la compagnie en 2010 prévoyait des bénéfices à partir de la cinquième année. « Ce qui est globalement le cas », s’était félicité l’ancien directeur général, Henok Teferra, en 2016.

Ismaël ALI