Almok et Toutou : la fin

On en parle beaucoup en ce moment à Lomé. Entre l’artiste de la chanson togolaise Almok et son producteur-manager Tamandja Akim Toutou, plus rien ne va. Dessus se greffent des histoires d’égoïsme, de cœur, d’arrivisme, etc. Et chacun de se murer dans le silence. Toutou, tel un chef cuisinier, essaye de cacher son repas carbonisé. Peine perdue !

Le bruit courait déjà au mois de décembre. Almok aurait décidé de prendre ses distances avec son manager, Tam Akim Toutou, l’homme de l’ombre qui l’a façonné, patron de la structure Fanga Music. L’entourage de la chanteuse évoque des raisons « personnelles et familiales ». Les sites web d’informations culturelles évoquent, quant à eux, son récent mariage. Préoccupée par son tout nouveau statut de femme mariée, l’interprète de « Étoukpé », ne supporterait plus les exigences professionnelles du patron du label musical Fanga Music, mettant en péril sept longues années de collaboration fructueuse.

« Toutou a la boulimie du travail. Pour avoir été un temps son proche collaborateur, je sais de quoi je parle. Il dort tard, se réveille souvent avant cinq heures du matin. Son rythme est infernal », nous confie un ancien de Fanga Music. D’après nos informations, c’est justement le rythme de travail trop soutenu du producteur-manager qui poserait problème. La cadence serait devenu incompatible avec l’agenda de l’artiste, nouvellement épouse d’un jeune juriste prénommé Nicolas. « Quand elle était encore célibataire, il [Tam’ Akim Toutou] décidait de tout. Qui elle pouvait voire, fréquenter, quoi porter, etc. Il contrôlait sa vie. Maintenant qu’elle s’est mariée, la donne a changé. Il ne contrôle plus rien », nous explique un artiste qui connaît bien la maison. « Avec Toutou, c’est studio sur studio, promo sur promo. Bref, travail sur travail. Célibataire, elle pouvait se le permettre. Hors, elle est dorénavant mariée. Très amoureuse de son mari, elle veut plus de temps pour se consacrer à lui », ajoute l’artiste.

Toute la capitale y va de son commentaire. On monte en épingle tel ou tel aspect de l’affaire. Les fans de la chanteuse regrette la collusion de l’argent et du matrimonial, les admirateurs de l’ancien directeur général de la radio Zéphyr poussent des cris d’épouvante, parce que Tam a monté une affaire, Almok, à coup de millions de francs CFA. Une affaire qui a très bien marché et sur laquelle il faudra tirer (peut-être) un trait. « L’affaire, c’est qu’une seule personne, le mari de Edem [NDLR : le prénom de Almok à l’état civil], soixante kilos de chair, d’os et de sang, puisse venir mettre du sable dans la gamelle à millions de Fanga Music », ironise un journaliste culturel.

Joint au téléphone par notre rédaction, celui qui gérait seul la carrière de l’artiste depuis 2010 nous a paru peu à l’aise avec le sujet. Il est resté vague et entretient le flou. Idem du côté de la chanteuse. « Il y a un respect mutuel et personne ne veut se lancer dans des déclarations, par crainte de voir un propos mal interprété. Aussi, Toutou n’est pas bavard. Même à ses proches, il ne lâche rien », raconte notre source.

Toutefois, selon les dires des proches d’Almok, la vitesse effrénée à laquelle roulait sa carrière l’obligeait à négliger sa vie familiale et intime. Durant les deux dernières années, la « meilleure chanteuse Pop RNB du Togo » a non seulement enfilé les spectacles à l’international, mais a aussi lancé de nombreux singles, effectué une tournée européenne et assuré une promotion des collections de la marque Woodin. « Avec son mariage, elle avait un choix : son mari ou Fanga. Parce que Almok, c’est l’artiste togolaise la plus sollicitée. Et il faut être capable de livrer la marchandise de façon constante », analyse un animateur radio.

Si une chose est certaine c’est que Komla (nom d’Almok à l’état-civil) passera les prochains mois en famille à Lomé auprès de son mari. Il se dit qu’ils ont des « projets ». Comme un air de pause.

Ismaël ALI