Affaire de tentative d’insurrection armée : 18 présumés auteurs mis aux arrêts

Qui sont les auteurs de la tentative d’insurrection armée perpétrée dans la nuit du 23 novembre à Lomé et à Sokodé ? Que voulaient-ils vraiment ? Le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile a mis la main sur 18 présumés auteurs présentés hier à la Direction générale de la Police.

Comme le promettait en conférence de presse le Général Yark Damehame, ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, de présumés auteurs sont pris comme des « poules ». L’enquête, lancée après cette attaque contre les gendarmes, a permis d’interpeller 18 présumés auteurs dont Abraw Camaldine, ancien sélectionneur des U17 du Togo. Selon le Directeur général de la police nationale, le lieutenant-colonel Yawovi Okpaoul, les concernés sont des individus appartenant à un mouvement dénommé « Tigre Révolution » créé par un certain Abdoul Madjid alias « Master Tiger » vivant en Belgique.

D’après Lt-Col. Yawovi Okpaoul, c’est au cours des réunions du Parti national panafricain (PNP) qu’ils sont approchés par des individus qui leur ont proposé de se joindre à un mouvement plus radical et révolutionnaire. « Après l’accord, le numéro de téléphone de la recrue est envoyé à Master Tiger qui, étant l’administrateur du groupe, l’insère dans leur plateforme WhatsApp. De là, via WhatsApp, ils sont invités par le chef du groupe Master Tigre à des réunions secrètes dont le lieu et l’heure sont à sa seule discrétion. Entre temps, les nouveaux membres doivent jurer sur le Coran de ne jamais trahir », explique le Directeur général de la Police.

Le groupe s’est ainsi organisé pour mettre en exécution sa mission qui était de créer une insurrection armée et « déstabiliser les institutions de la république en seulement trois (3) jours ». « Ils se sont donné les moyens de leur mission y compris même les moyens spirituels puisque le groupe a même un préparateur spirituel nommé Awali. Ce dernier est le N°2 du mouvement et a pour fonction d’assumer la protection des membres contre les balles de fusil », explique le Lt-col. Okpaoul. « Une fois les préparatifs finis, le groupe a décidé de mettre en exécution son plan qui a débouché sur l’événement du 23 novembre à Agoè-Echangeur et Sokodé ou 5 gendarmes s’en sortis grièvement blessés avec 4 fusils AK47 emportés, des véhicules et bien saccagés », ajoute-t-il.

La police dit poursuivre les enquêtes sur les autres auteurs, car selon elle, il s’agit d’un groupe de 120 personnes selon certains, et 200 pour d’autres. Quant aux armes emportées, le Lt-Col. Okpaoul promet la rigueur pour les retrouver. « Les forces s’équivalent à priori. Nous sommes désormais en posture de combat et non en posture de maintien de l’ordre, car l’ennemi détient désormais nos armes », déclare-t-il.

Il appelle donc la population à la collaboration pour venir à bout des malfaiteurs. « Les recherches se poursuivent. Je profite de l’occasion pour dire à celui qui a ou a seulement connaissance du lieu de ces armes et préfère cacher l’information, se rend coupable aussi d’une infraction », précise-t-il.

Stanislas AZIATO