Adji Otèth Ayassor : Une vie après le ministère

Après neuf ans à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, Adji Otèth Ayassor a choisi d’avancer à pas feutrés. Directeur général de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER), l’ancien détenteur du cordon boursier togolais passe pour un grand artisan du développement local. Accusé de tous les noms par ses détracteurs, l’homme semble leur répondre par le rythme de croissance qu’il donne à Défalé. Seul ou associé à d’autres cadres de la localité, il ne cesse de multiplier les projets, redessiner l’architecture de la ville, promouvoir le tourisme, et favoriser des initiatives créatrices d’emplois.

« Un gouvernement, ce n’est pas un délice, contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser. C’est plus, de la rigueur, des défis à relever en faveur du bien-être social et inclusif, de l’engagement permanent. Surtout si l’on a la confiance du chef de l’Etat ». Cette phrase du ministre Adji Otèth Ayassor, au détour d’une discussion avec un visiteur du soir, résume le passage de l’ancien Secrétaire général de la Présidence de la République dans l’Exécutif.

Nommé ministre de l’Economie et des Finances en 2007, à une période charnière de l’histoire du Togo, Adji Otèth Ayassor n’a pas eu la tâche facile. « A ce moment, c’était difficile. Très difficile. A tel point que je me suis posé la question : pourquoi le chef de l’Etat a jugé bon de m’envoyer ici ? J’ai osé lui poser la question. Les indicateurs économiques étaient au rouge. Il a fallu tout recommencer », avoue-t-il dans une interview accordée, en 2015, à l’équipe de l’agence de communication World Investment News (WINNE), dans le cadre de la rédaction de « eBiZ Guides » sur l’économie togolaise.

« Nous avons lancé un vaste programme de réformes économiques en 2008, avec l’appui du Fonds Monétaire International. Il fallait renouveler plusieurs choses pour rendre des filières plus opérationnelles. Ce que nous avions fait. Cette nomination m’a permis de me connaître, de me découvrir. C’est ma plus grande satisfaction », poursuit-il, plus loin.

Cap sur le développement local

Aujourd’hui, Adji Otèth Ayassor s’est lancé de nouveaux défis. Nommé Directeur général de la SABER après le décès du Sénégalais Thierno Bocar Tall, l’homme s’illustre dans le financement et le développement des énergies renouvelables. Institution internationale qui a pour objectifs la promotion et le financement des projets d’énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le renforcement des capacités et les conseils aux gouvernements et au secteur privé sur les marchés de l’énergie propre et du carbone, la SABER est détenue par quinze Etats actionnaires (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo) et six institutions financières, à savoir : (Bidc, Boad, Ecobank, Fagace, IEI et Exim Bank).

Sauf que cet ancien enseignant de droit à l’Université de Lomé n’a pas oublié ses origines. Attaché au développement local, l’ex-Secrétaire général du ministère de l’Education bénéficie d’une forte adhésion à Défalé, par sa capacité à redorer le blason d’une ville aux potentialités touristiques indéniables.

« Ce qui est bien, c’est qu’il rassemble toujours les cadres du village. Il leur demande de s’intéresser davantage à Défalé, à développer le milieu. Il vient souvent chez lui, échange avec les jeunes de la localité. Grâce à lui, Défalé a un hôtel digne de ce nom, une bibliothèque, un centre médico-social moderne et un lycée qui n’a rien à envier aux autres lycées du pays », nous confie un cadre de la localité. « Il s’est même lancée dans un projet d’installation d’une unité d’eau à Défalé. Une eau de source qu’il se propose aujourd’hui de valoriser. Une richesse naturelle propre à notre milieu », ajoute-t-il. « Toutes ces initiatives font de lui, quelqu’un de très respecté et il sert d’exemple à beaucoup de jeunes et de cadres qui ont déjà commencé à lui emboîter le pas », affirme notre source.

Dans sa seconde vie d’entrepreneur, le Directeur général de la SABER s’y plaît. Lui qui n’a pas fini de développer sa localité. Très discret depuis un moment, il poursuit, lentement mais sûrement, ses nombreuses initiatives de développement au service de sa communauté, et de son pays. Bon à suivre !

Elom ATTISSOGBE