2020 : Dr. Georges Kouessan oriente l’opposition

Les  élections locales du 30 juin appartiennent à l’histoire. Les regards des acteurs politiques sont désormais tournés vers les élections présidentielles de 2020. Si au sein de l’opposition, certains estiment qu’il faut donner la chance à chaque parti d’aller au premier tour avant de présenter un candidat unique au second tour, d’autres, à l’instar du parti « Santé du peuple », prônent une candidature unique incarnée par une personnalité apolitique. Face à la presse mardi, Dr. Georges William Kouessan a expliqué les contours de sa proposition formulée depuis le 21 mai dernier.

Fini les locales !

Le débat doit être clos sur les élections municipales qui, pendant des mois, a détourné l’attention  de tous sur l’essentiel qui est l’alternance au Togo. C’est en fait, le cri du parti « Santé du peuple » qui une fois encore  revient sur sa « stratégie gagnante » pour les échéances électorales de 2020. « Les locales constituent un tremplin pour aller à l’essentiel qui est  2020. Et nous sommes en train de perdre de vue l’essentiel », a déclaré Dr. Georges William Kouessan, président national du parti « Santé du Peuple ».

Selon lui, les partis de l’opposition ayant pris part aux locales doivent rapidement finir avec la question de conciliation de voix pour avoir des maires. « Il faut que l’opposition taise ses querelles internes surtout par rapport aux questions de qui doit donner ses voix pour que l’autre devienne maire, etc. Nous pensons que ce sont des discussions qui ne devraient pas avoir lieu au sein de l’opposition. A partir du moment où nous sommes tous de l’opposition, le problème de report de voix ne devrait pas être posé. Ça devrait être systématique, mais dans le respect des uns et des autres », affirme-t-il.

Dr. Georges Kouessan n’a pas manqué de se prononcer sur le  taux d’abstention des dernières élections. « Je voudrais remercier le peuple togolais dans son ensemble et les militants de l’opposition qui sont allés voter pour qu’aujourd’hui l’opposition puisse  avoir des conseillers. Nous remercions également  aussi ceux qui se sont abstenus et leur dire que nous avons compris leur message. Nous sommes sensibles à ce qu’ils veulent nous dire. Et cette abstention, nous comprenons que c’est une réponse à tout ce qui s’était passé au sein de l’opposition et surtout à la dislocation de la coalition des 14 (C14).  Il nous appartient aujourd’hui de réfléchir pour trouver une solution à ce message que le peuple togolais nous a adressé », a-t-il déclaré.

2020 : Un candidat unique apolitique pour l’opposition

Au parti « Santé du Peuple », la solution peut venir de sa proposition formulée depuis le 21 mai 2019. Ce qui consiste, pour toute l’opposition, à arriver dans les trois mois à venir, au « choix d’un candidat unique apolitique ne participant pas ou participant peu au débat politique » pour l’alternance en 2020.

Pour Dr. Kouessan, trois raisons sous-tendent cette proposition de candidature unique. Il  s’agit du fait que : «   Unis, on est toujours plus fort, en plus, parce qu’avant les réformes, le pouvoir s’est  toujours arrangé pour gagner les élections avec plus de 50% des voix et enfin parce qu’on créera une dynamique populaire qui limitera les abstentions électorales et qui augmentera le taux de participation », a-t-il expliqué. Il souhaite que ce candidat unique qui sera choisi soit apolitique, parce qu’il estime qu’«  il sera difficile d’obtenir aujourd’hui, un candidat unique au sein de l’opposition à cause des divergences existantes, mais plus facile aux grands partis politiques de porter leur choix sur un homme apolitique, car ce choix permet de conserver la hiérarchie au sein de l’opposition après l’alternance. Également, un candidat  externe à l’opposition, bien choisi, apportera un nouveau souffle, surtout du point de vue diplomatique  et ce choix sera déterminant dans la victoire finale ».

L’idée d’une transition dès 2020

Une fois que l’alternance soit devenue une réalité, le candidat apolitique élu procédera à une transition de trois ans (2020-2023), puisque selon le parti, « on ne peut pas passer immédiatement de 50 années de monolithisme politique à une vie politique normale ». Et compte tenu de l’importance de l’enjeu, il est proposé que la personne à choisir comme candidat convienne non seulement à l’opposition, mais aussi qu’il soit plus ou moins accepté par le régime en place et surtout par l’armée. Pour couronner tout, « il sera organisé en 2023, l’élection présidentielle excluant les dirigeants de la transition pour un transfert démocratique et pacifique du pouvoir  en 2023 ». Selon Dr. Kouessan, il s’agira, en somme, d’une transition de large ouverture politique, une transition ouverte à toutes les sensibilités du pays sans exclusion, avec le concours indispensable de l’armée qui, à son avis, doit être incontournable dans le processus de l’alternance.

Des raisons d’y croire ?

Pour le parti « Santé du Peuple », cette option est importante pour que l’opposition réalise l’alternance en 2020. En tout cas, l’alternance en 2020, Dr. Kouessan y croit pour plusieurs raisons. Il s’agit notamment de « la présidentielle de 2020 qui est la première présidentielle à laquelle nous allons participer après les locales et les réformes. Elle est également une première présidentielle à laquelle nous allons participer après que Faure Gnassingbé ait acquis une immunité constitutionnelle. Elle est la présidentielle à laquelle nous allons participer avec un candidat unique apolitique et enfin, elle est la présidentielle à laquelle  nous allons participer avec le projet d’une transition d’ouverture politique » indique-t-il.

Voilà qui relance le débat sur la question de la « candidature unique », l’éternel casse-tête de l’opposition à la veille d’une élection présidentielle. Le parti de Dr. Georges William Kouessan attend de la part de ses collègues de l’opposition, un accueil favorable de la proposition qui, selon le parti, donnera un climat politique plus rassurant, tranquillisant et valorisant  pour ceux qui perdront le pouvoir, ainsi que pour le vivre-ensemble après l’alternance.

Stanislas AZIATO