Séisme à la NSCT

Le monde s’effondre sur plusieurs cadres de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Depuis quelques temps, ce géant du coton connaît un nouvel épisode de malversations financières. Les interpellations se multiplient, les perquisitions aussi.

Les malversations financières dans les sociétés d’Etat au Togo se suivent et inquiètent de plus en plus. Après l’épisode de 2012, la NSCT est de nouveau au cœur d’une grande manœuvre de détournement de fonds.

Selon nos informations, un audit effectué récemment sur l’exercice 2014 a révélé des anomalies financières portant sur un gros montant. La gendarmerie et la brigade anti-corruption, instruites, pour suivre le dossier et auditionner les mis en cause, ont procédé à des interpellations le 23 janvier dernier.

C’est ainsi que le Directeur administratif et financier (DAF) et sa femme, le chef contrôle gestion, le DACG, et le DPPSE ont été interpellés depuis Atakpamé puis conduits à la gendarmerie pour être auditionnés. Au-delà de ces interpellations, notre rédaction a appris la perquisition du domicile du Directeur administratif et financier, et la convocation à la gendarmerie de Lomé de l’ancien Directeur général de la NSCT, Djagni Kokou.

Des indiscrétions parvenues à notre rédaction font également état de ce que le Président du conseil d’administration de la NSCT a été également écouté dans ce dossier par les services de la gendarmerie.

Rigoureux

Il n’est en rien mêlé à cette affaire de malversations financières qui porte sur l’exercice 2014, puisqu’il a pris fonction qu’en 2016. Mais depuis qu’il a pris les rênes de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) en tant que Directeur général, Nana Adam Nanfamé, est visé par un complot ourdi contre sa personne par un réseau de cadres de la NSCT qui ont juré tout faire pour qu’il soit éjecté de son poste.

Selon nos informations, la gestion de la société par le DG Nana Adam Nanfamé est félicitée par la plus haute hiérarchie de l’Etat. Ce qui dérange des responsables de la structure qui ont envoyé des plaintes sur la gestion de la NSCT au plus haut sommet, afin de faire partir Nana Adam Nanfamé à qui on fait le procès d’être « trop rigoureux »,  « très regardant », et surtout « d’avoir commandité l’audit de l’exercice 2014 ».

Tranquille, serein, et mettant le cap sur les performances de la NSCT, Nana Adam Nanfamé, à en croire nos recoupements, ne serait pas homme à se laisser faire. N’accordant pas grand crédit aux agitations de ses nombreux détracteurs qui essayent, à tort, de lui trouver un rôle dans ces malversations financières de 2014, alors qu’il est nommé Directeur général en 2016, il continue de faire son travail pour redorer le blason de l’or blanc au Togo.

Ce n’est pas la première fois que le secteur du coton connaît une situation du genre. En juillet 2012, le conseil des ministres avait indiqué dans un communiqué qu’une opération de contrôle a fait état de plusieurs irrégularités, notamment des détournements de fonds, l’octroi de crédits en intrants agricoles sans contrat ni échéancier et garantie, le maintien en fonction d’un conseil d’administration dont le mandat expirait depuis octobre 2011. Une affaire qui portait sur une somme de 400 millions FCFA et au cœur de laquelle se trouvaient l’ancien Directeur général, Djagni Kokou et Baba Djabakatié, président de la Fédération des producteurs de coton qui s’accusaient mutuellement.

La mission de la NSCT est d’assurer le développement et la valorisation du coton sur toute l’étendue du territoire national. La part du coton dans l’économie nationale est estimée à 4,3% du PIB et rapporterait entre 20 à 40% à l’Etat.

Elom ATTISSOGBE