Radjoul Mouhamadou écrit « Pour (vraiment) conclure la lutte »

Journaliste, écrivain, Radjoul Mouhamadou vient de publier son deuxième ouvrage : « Pour (vraiment) conclure la lutte ». Essai politique de 186 pages consacré à la crise togolaise, le livre, paru cette semaine au pays, fait un inventaire de la gestion de la crise par les différents protagonistes.

Paru aux Editions AGO, l’ouvrage évoque la lutte pour l’alternance et la démocratie au Togo, sans cesse recommencée depuis plusieurs  décennies, qui selon l’auteur, semble condamnée à  l’impasse. « Dernier  épisode  d’un  long feuilleton, le vent de révolte populaire soulevé dans la foulée de l’évènement du 19 août  2017  s’est  hélas  trop  vite  essoufflé.  Sous  le  soleil  noir  de  la  démocrature togolaise, le leurre succède mécaniquement à chaque lueur d’espoir, le miracle au mirage. L’impasse le dispute à l’impuissance stratégique et la lassitude populaire », présente l’auteur.

Selon Radjoul Mouhamadou, pour vraiment  conclure  la  lutte,  il  faut  d’abord  réarmer  intellectuellement l’agir politique afin de briser les inerties togolaises. « Pour ce faire, commencer par rompre avec  l’hémiplégie  analytique  qui  prohibe  toute  pensée  critique  de  la  pratique oppositionnelle, d’une part. Toute pensée féconde de la crise togolaise, d’autre part, doit  se  faire  sous  le signe  du  pluriel, ouvrant  le  champ  du  pensable  à  des  points aveugles jusqu’ici inexplorés », conseille-t-il.

En faisant comparaître l’histoire immédiate devant le temps long, le livre affine l’analyse du rapport de force politique, de la topographie partisane, de la géographie électorale et de l’ethnogéopolitique interne. « Par ailleurs, une crise  politique peut  en  cacher plusieurs,  notamment  une  crise  de/du  sens, d’horizon, de  confiance,  du  langage  politique,  avant  que  d’être  juri dique  et institutionnelle. Cette  entreprise  de  complexification  des  paramètres  de  la  crise togolaise débouche sur l’esquisse d’un  aggiornamento de la praxis des oppositions togolaises », déclare l’auteur.

L’ouvrage propose également une stimulante clarification sémantique de notions comme  alternance,  opposition,  transition,  démocratie,  dialogue  etc.  En filigrane,  il  porte l’idée que  penser  la  crise,  c’est  avant  tout   panser  les  mots  du politique, réparer les mots usés, désuets et pollués. Pour en conclure que réparer la langue du politique au Togo, c’est réconcilier le mot, l’idée et l’action efficace.

Ancien journaliste à la télévision LCF et à New World TV, Radjoul Mouhamadou est titulaire d’une maîtrise en sociologie politique. Il poursuit actuellement ses études en Master au Canada.

Nicolas EDORH