Que reste-t-il de la C14 ?

Elle ne donne plus de la voix. Elle n’a plus de mordant. Elle, c’est la coalition des 14 partis politiques de l’opposition. A l’orée des prochaines échéances électorales, la C14 s’enfonce de plus en plus dans les méandres de l’oubli. Démissions en cascade, initiatives solitaires de ses membres, manque de transparence, les nuages ne cessent de se former au-dessus d’une coalition qui n’est sans doute pas loin de son requiem.

« Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler ensemble ». « Je reconnais quelques ratés ». « Ces défections ne sont qu’un mauvais vent qui passera ». « J’ai bon espoir que tout rentre dans l’ordre ». « J’exhorte chaque parti démissionnaire de la C14 à rejoindre les rangs pour que nous puissions continuer la lutte ». Ces propos sont des morceaux choisis de la coordinatrice de la C14, Brigitte Adjamagbo-Johnson, par rapport à la situation au sein de la coalition.

Depuis un moment, la sérénité n’est plus de mise à la C14. Après le départ du MCD de Me Tchassona Traoré, le conclave prévu le 20 février dernier, quelques mois après les législatives du 20 décembre 2018, pour faire le bilan, a tourné court. Cinq partis avaient boudé ce conclave. Il s’agissait du CAR, Togo Autrement, le PNP, le Parti des Togolais et Santé du Peuple. Entre-temps, le parti Togo Autrement présidé par Fulbert Attisso a officiellement suspendu ses activités au sein de la C14, emboîtant le pas au MCD.

Quelques jours plus tard, à la faveur d’une rencontre entre le chef de l’Etat et la C14 conformément aux conclusions du conclave de la coalition, le Parti des Togolais annonce sa démission. Fin mars dernier, c’est l’Alliance nationale pour le changement (ANC) qui officialise son retrait de la coalition, « en raison des divergences grandissantes ». Entre-temps, l’ADDI et le CAR ont intégré la CENI.

Dans les coulisses, il est annoncé d’autres défections dans les jours à venir. Avec ces nombreux départs, les militants de l’opposition semblent ne plus se retrouver. Le Parti national panafricain (PNP) qui annonce de nouvelles manifestations perlées sur toute l’étendue du territoire national le 13 avril prochain fait désormais cavalier seul.

Elle n’aura finalement participé à aucune consultation électorale en bloc, avant de s’effriter. Qu’en reste-t-il aujourd’hui de ce regroupement de partis politiques de l’opposition, à quelques mois des prochaines consultations électorales ? Résistera-t-il à l’épreuve du temps ? Les élections locales et présidentielles dans quelques mois situeront davantage les Togolais.

Elom ATTISSOGBE