Les prisonniers du coton

A la suite d’un audit portant sur l’exercice 2014 révélant des malversations financières majeures à la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) dont notre journal en a fait écho dans sa précédente parution avec des précisions sur les différentes interpellations et perquisitions, plusieurs hauts cadres de cette société sont déposés à la prison civile de Lomé en début de semaine.

C’est une affaire des plus rocambolesques. Ecroués à la gendarmerie de Lomé depuis plusieurs jours, des responsables de la NSCT, sept au total, dont l’ancien Directeur général, Djagni Kokou, le Directeur administratif et financier, Aharh, et sa femme, ont entamé un séjour carcéral à la prison civile de Lomé cette semaine.

Selon nos informations, une perquisition menée au domicile d’un haut cadre de la NSCT a permis aux services de la gendarmerie et de la brigade anti-corruption de mettre la main sur la somme de 28 millions FCFA. Nos recoupements révèlent que la femme du DAF est non seulement en poste à la NSCT, mais ferait également partie des gros prestataires de la société. Un conflit d’intérêt, notamment.

Auditionné, l’ancien Directeur général de la NSCT n’a pu convaincre les services de la gendarmerie en ce qui concerne son innocence dans les malversations financières de l’exercice 2014 dont le rapport d’audit est accablant. Ce qui a conduit à son dépôt à la prison civile de Lomé. Selon nos sources, son entourage continue de crier à un complot, affirmant que le dossier est vide.

Le Président du conseil d’administration de la NSCT, Mongo Aharh-Kpessou, dont le neveu se trouve être le Directeur administratif et financier de cette société actuellement écroué à la prison civile de Lomé, a été également auditionné dans ce dossier qui n’a pas fini de livrer ses secrets.

A en croire nos sources, l’atmosphère est des plus délétères dans la boîte présentement. Les arrestations pourraient se poursuivre dans les prochains jours, l’enquête n’ayant pas été bouclée. La guerre des clans est ouvertement déclarée à la NSCT ou mille et un intérêts se croisent. Les marchés des engrais, la gestion même de la NSCT, la production cotonnière, les droits des producteurs, chaque dossier cache des mains noires, surtout très puissantes.

Dans ce dossier, les pressions n’en finissent pas, chacun essayant de sauver sa tête. La lutte contre la corruption passe-t-elle ainsi du discours à la pratique ? La suite nous édifiera.

Elom ATTISSOGBE