Attention à la grogne sociale !

L’Association togolaise des consommateurs (ATC) monte au créneau. Quelques semaines après l’entrée en vigueur du nouveau code des douanes et du nouveau code des impôts, des opérateurs économiques menacent d’augmenter les prix des produits de consommation et des services. Une situation qui inquiète l’ATC qui sonne le tocsin.

A la suite d’une série de rencontres avec des opérateurs économiques et commerçants regroupés en syndicats, l’Association togolaise des consommateurs s’est exprimée à travers un communiqué relatif à « l’imminence des augmentations des prix des produits de consommation et des services au cours de l’année 2019 au Togo ».

« Depuis l’application des textes du nouveau code des douanes et du nouveau code général des impôts, l’ATC ne cesse de recevoir des plaintes de certains opérateurs économiques qui menacent de procéder à la hausse des prix de leurs produits ou de leurs prestations de services, arguant que l’application des innovations apportées à ces deux codes les y contraint », indique le communiqué. « L’inquiétude de l’ATC est d’autant plus grande que ce sont les produits de première nécessité et certains services de base qui risquent d’être impactés par cette hausse des prix. Comme cela ne suffisait pas, l’ATC apprend de sources dignes de foi, que les prix du pain, de l’eau, de l’électricité, du passage au péage et du carburant pourront subir, eux aussi, une éventuelle augmentation dans un proche avenir. Consciente des contraintes économiques auxquelles notre pays est confronté, et compte tenu des engagements du gouvernement vis-à-vis des institutions de Bretton Woods, l’ATC interpelle le gouvernement sur les conséquences graves de telles décisions du fait que le panier de la ménagère et la qualité de vie des consommateurs en seront affectés », poursuit le communiqué. « L’ATC invite donc le gouvernement à plus de réflexions et d’actions concrètes, afin de minimiser l’inflation et par ricochet, la cherté de la vie dans le pays. L’ATC sollicite par la même occasion une attention particulière du chef de l’Etat sur ces questions soulevées par rapport à son mandat social », conclut le communiqué.

Au sujet du nouveau code des impôts, les interrogations ne tarissent pas. « Sachant que le Togo a le taux de pression fiscale le plus élevé de l’UEMOA et que le nouveau code des impôts acte l’augmentation intrinsèque de l’impôt par entreprise, au lieu d’élargir l’assiette fiscale, est-ce que les autorités ne voient pas aujourd’hui que nous regardons le nouveau code comme une prédation fiscale, pire un étouffement du secteur privé ? La TPU par exemple disparaît pour être remplacée par la patente qui coûte 12 fois plus cher. Et si par ricochet, nous les opérateurs économiques, décidons, d’augmenter les prix de 12 fois ? Qu’en sera-t-il de la société, des consommateurs ? Voilà où nous en sommes aujourd’hui », s’est plaint un opérateur économique à notre rédaction. « Nous sommes ouverts aux discussions. Il faut qu’on trouve des solutions. Personne n’a consulté le secteur privé avant l’adoption de ces différents codes. Et aujourd’hui, nous n’avons pas autre choix que d’étudier sérieusement l’augmentation des prix de consommation et des services », indique une autre source.

Contactée par notre rédaction, l’ATC affirme être disponible à participer à des discussions pour éviter que la situation prenne une nouvelle tournure dans les prochains jours.

Elom ATTISSOGBE